::  L'inclusion imagée
::  L'historique
::  La mission
::  Le contenu
::  Un mot sur l'équipe
::  Pour diffuser dans l’Inclusif
::  Contribution volontaire
::  Contactez-nous
L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

Recevoir l’Inclusif :

Se désabonner de l’Inclusif :

Rechercher par date :

:: Dernier numéro :: 2016
:: 2015 :: 2014
:: 2013 :: 2012
:: 2011 :: 2010
:: 2009 :: 2008
:: 2007 :: 2006
:: 2005 :: 2004
:: 2003
:: À voir, à faire
:: Documents de l'inclusif

Rechercher un lien :

:: Autres médias sur le handicap
:: Organismes publics
:: Habitudes de vie
:: Milieu associatif
:: Pages persos
 

 
Jeudi 6 septembre 2007 Numéro 323
Aujourd'hui en veille
Schizophrénie et justice ; des parents interviennent
L'OMS appelle les États à mieux financer les services de santé mentale
Mise en oeuvre des promesses de Nicolas Sarkosy en matière de la scolarisation des enfants ayant des incapacités
Les jeux paralympique 2008 comme moteur pour l'amélioration des droits des personnes ayant des incapacités en Chine


Schizophrénie et justice ; des parents interviennent
»» retour en haut

Paru le vendredi 7 septembre 2007 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Le mercredi 05 sept 2007
Quand les enfants schizophrènes tuent leurs proches
Claudette Samson
Le Soleil

Québec

Une quarantaine de personnes sont mortes assassinées par un enfant souffrant de schizophrénie depuis l’an 2000 au Québec, selon l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD). L’organisme rencontrera aujourd’hui des membres du cabinet du ministre de la Santé, Philippe Couillard, pour plaider en faveur d’un meilleur encadrement médical de ces malades lorsqu’ils se montrent menaçants.

L’association présidée par Pierre-Hugues Boisvenu enfourche en quelque sorte un nouveau cheval de bataille. La recension des meurtres de parents commis par un enfant schizophrène (un fils dans la presque totalité des cas) a été faite par l’émission Enjeux, qui, en octobre 2006, en avait dénombré 33 depuis 2000. Depuis, l’AFPAD en a ajouté sept autres à la liste.

Pierre-Hugues Boisvenu déplore la lourdeur du processus judiciaire auquel sont astreintes les familles souhaitant faire soigner contre son gré une personne souffrant de maladie mentale.

« Ça prend trop de temps et il est souvent trop tard » lorsque les tribunaux se prononcent, dit-il. En outre, la cour refuse souvent d’intervenir tant que la personne n’a pas commis un geste dangereux, selon lui.

Celui qui milite pour une plus grande sécurité publique depuis l’assassinat de sa fille sera accompagné pour sa rencontre au cabinet de Théona Saint-Laurent, dont la sœur et le beau-frère ont été assassinés par leur fils schizophrène.

En entrevue téléphonique, celle-ci raconte les divers événements survenus avant le meurtre, et la peur et l’impuissance dans laquelle vivaient les deux parents par rapport au comportement menaçant de leur fils. Aujourd’hui, dit-elle, il est traité à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal, après avoir été reconnu criminellement non responsable des meurtres. Il est au désespoir devant le geste qu’il a fait, dit-elle.

Selon le psychiatre Louis Morrissette, de l’Institut Philippe-Pinel, les familles ont raison de déplorer la lourdeur du processus introduit en 1998 pour mieux protéger les droits des malades. C’est vrai qu’il y a eu des abus dans le passé, note le médecin, et que des personnes ont été gardées à l’hôpital psychiatrique contre leur gré sans que ce ne soit justifié. Mais « on a fait une loi pour les avocats », dit-il.
Il compare le processus québécois à celui de l’Ontario, beaucoup plus léger, qui respecte tout autant les droits des malades.

Ne pas stigmatiser

Pour Luc Vigneault, de l’Association des personnes utilisatrices de services en santé mentale de la région de Québec, le danger d’une démarche comme celle de l’AFPAD est de stigmatiser les schizophrènes ou les malades mentaux, dont l’immense majorité ne sont pas dangereuses.

« C’est sûr que nous aussi on le déplore quand ça arrive, et notre association a toujours demandé que les personnes représentant un danger pour elles-mêmes ou autrui subissent une évaluation psychiatrique, même contre leur gré. »

Lui-même a reçu un diagnostic de schizophrénie et vit très normalement. Les personnes souffrant de maladie mentale sont selon lui moins dangereuses que l’ensemble de la société, puisqu’elles sont justement suivies, dit-il, alors que « quand monsieur Tout-le-Monde pète sa coche », personne ne le voit venir.

Paru jeudi 6 septembre 2007 sur Cyberpresse.ca

Le jeudi 06 sept 2007
Schizophrènes : démarche mal accueillie par les défenseurs des droits en santé mentale
Claudette Samson
Le Soleil
Québec

Les défenseurs des droits en santé mentale ne prisent guère la démarche des familles de personnes assassinées qui demandaient hier un meilleur encadrement médical des personnes schizophrènes jugées menaçantes pour leurs proches.

« Je comprends mal que des psychiatres disent que la loi actuelle ne leur donne pas les moyens (de traiter un patient contre son gré). Ils peuvent hospitaliser quelqu’un trois jours sans jugement », soulignait la coordonnatrice de l’Association des groupes de défense des droits en santé mentale du Québec, Doris Provencher.

Hier, l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD), présidée par Pierre-Hugues Boisvenu, rencontrait le cabinet de Philippe Couillard pour lui faire part de ses demandes. L’AFPAD faisait valoir que, depuis 2000 au Québec, une quarantaine de parents, pères ou mères, ont été assassinés par un enfant, presque tous des fils, souffrant de schizophrénie.

Selon M. Boisvenu, il est difficile d’imposer un traitement aux personnes qui se font menaçantes lorsque celles-ci refusent de se soigner. Un psychiatre de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal contacté par Le Soleil, le Dr Louis Morrissette, donnait raison aux familles quant à la lourdeur du processus judiciaire auquel elles doivent s’astreindre pour traiter un enfant adulte contre son gré.

Doris Provencher n’est pas de cet avis. Mais surtout, elle voit dans cette démarche un poids supplémentaire sur les épaules des personnes atteintes de maladie mentale en général.

Bien sûr, convient-elle, il survient des drames, et c’est extrêmement malheureux. Mais ce serait du « fantasme pur » que de croire qu’un durcissement de la loi réglera tout. À son avis, la solution passe davantage par une offre de services plus large, un suivi plus soutenu des patients, et pas seulement en psychiatrie.

« Il faut voir pourquoi les gens jettent leurs médicaments : ils disent qu’ils ne savent pas ce qu’ils prennent, ils vivent des effets secondaires importants, ils sont gelés, ils ont une vie de misère. On demande beaucoup à la psychiatrie, mais elle ne peut pas tout faire : prendre le temps d’écouter, de réhabiliter les gens dans la société... » plaide-t-elle.

Ce n’est pas qu’une question d’argent, selon Mme Provencher, mais de façon de faire.

Les malades mentaux souffrent déjà de stigmatisation. Le système de soins en santé mentale est lourd, il n’est déjà pas facile d’y faire valoir ses droits, ce n’est pas nécessaire d’en ajouter, estime la coordonnatrice.


»» retour à liste des articles
 
 
Conception site Web: www. graphigne.com tous droits réservés © 2017 l'inclusif