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Mardi 11 septembre 2007 Numéro 325
Aujourd'hui en veille
Un psychiatre questionne la présence d'un kiosque de Loto-Québec à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine
Handicap internationale manifeste à Montréal concernant les mines antipersonnel
Reportage dans le Devoir sur le Centre Champagnat
Investissement dans les services sociaux en Mauricie
Article sur le Trekker dans La Tribune
Intronisation de monsieur Patrick Jarvis au temple de la renommée paralympique du Canada


Un psychiatre questionne la présence d'un kiosque de Loto-Québec à l'Hôpital Louis-H. Lafontaine
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Paru le dimanche 9 septembre 2007 sur Cyberpresse.ca/La Presse

Le dimanche 09 sept 2007
Hôpital Louis-H. Lafontaine: le comptoir de Loto-Québec encore critiqué
Catherine Handfield
La Presse

Critiquée depuis des années, la présence d’un comptoir de Loto-Québec à l’hôpital Louis-H. Lafontaine apparaît encore plus inappropriée avec la venue d’un nouveau programme en toxicomanie et en santé mentale.

Dès la fin du mois d’octobre, l’établissement offrira huit nouveaux programmes. Des toxicomanes souffrant de problèmes de santé mentale, déjà soignés à Louis-H., recevront des traitements combinés à l’hôpital et à la clinique Cormier-Lafontaine, chef de file en intervention de ce type. Il accueillera bientôt ses 80 premiers patients.

«Les gens que nous accueillerons sont souvent aux prises avec des toxicomanies multiples, dont le jeu compulsif», explique le psychiatre Richard Cloutier, chef médical du programme.

Dans ces circonstances, le Dr Cloutier se questionne sur la pertinence du stand de Loto-Québec installé dans le couloir principal de l’hôpital. «Je n’ai jamais été chaud à l’idée d’une loterie dans un hôpital psychiatrique, dit-il. C’est paradoxal, pour être poli.»

Ce comptoir n’est pas nouveau. Les médias en avaient parlé en 1998, puis en 2002. La Fondation de l’hôpital, qui l’exploite depuis plus de 20 ans, n’a pas cru bon de changer son mode de financement.

«Le rôle financier d’une fondation est très important, mais il y aurait certainement d’autres façons de procéder, croit le Dr Cloutier. Pour un joueur compulsif, le commis qui vend des billets peut être considéré comme un croupier du casino.»

Il a déjà fait part de ses réserves à la Fondation, il y a trois ans. Celle-ci lui avait alors proposé de participer à une soirée bénéfice organisée... au Casino de Montréal. Il avait catégoriquement refusé. «Les gens ne comprennent pas pourquoi ce genre de chose me fâche.»

Un service pour le personnel

Le directrice générale de la Fondation, Carole Morin, admet que, dans le passé, «quelques médecins ont émis des commentaires sur le besoin ou la validité» d’un tel stand. Mais selon elle, le stand n’a jamais causé de problèmes.
Elle affirme que 80 % des billets de loterie sont achetés par le personnel et que les ventes au kiosque – qui offre aussi petits cadeaux et cartes de souhait – ne dépassent pas 100 000 $ par année. «De toute façon, la majorité des patients sont libres de quitter l’hôpital et pourraient très bien acheter leurs billets ailleurs», fait-elle valoir.

Loto-Québec abonde dans son sens. «Ça nous apparaît bien fait, affirme le porte-parole de la société d’État, Jean-Pierre Roy. Les employés ne poussent pas la vente. » La préposée au comptoir connaît bien les patients et refuse de vendre des billets aux « cas plus problématiques», selon Jean Lepage, conseiller aux communications à l’hôpital.

D’autres psychiatres n’y voient pas d’inconvénient non plus. «Il y a bien des machines distributrices dans les cliniques qui traitent les anorexiques», dit le Dr Nicolas Bergeron, du CHUM.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux partage cet avis. «Il y a des comptoirs Loto-Québec dans plusieurs autres hôpitaux», fait valoir l’attachée de presse du ministre Philippe Couillard, Geneviève Dupuis. Pas dans les trois autres hôpitaux psychiatriques de la province, toutefois. Le centre hospitalier Robert-Giffard, à Québec, a fermé le sien il y a plusieurs mois à cause d’une prise de retraite.

Cette «exclusivité» déplaît à plusieurs employés de l’hôpital Louis-H. Lafontaine. «Les employés pourraient très bien acheter leurs billets ailleurs», lance une commis de la restauration qui préfère garder l’anonymat. Son collègue se montre encore plus virulent. « Ça n’a aucun sens, dit-il. Les patients reçoivent quelques dollars d’allocation par mois et ils vont les dépenser chaque matin pour acheter des gratteux.»


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