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Mardi 12 février 2008 Numéro 381
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Article sur la langue des signes dans Le Devoir
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Paru le mardi 12 février 2008 sur Le Devoir

Faut-il restreindre l'usage du langage des signes? Pauline Gravel
Édition du mardi 12 février 2008
Mots clés : sourds, langage des signes, implantation cochléaire, Québec (province)

L'implantation cochléaire serait moins efficace chez les sourds qui ont davantage développé la communication visuelle


Chez certaines personnes sourdes, l'implantation cochléaire qu'elles ont subie est peu efficace à leur faire entendre les conversations d'un film doublé ou celles qui ont cours dans la voiture qu'elles conduisent. Et ce n'est pas que leur appareil soit en panne ou pas suffisamment puissant. La raison est plutôt que leur cortex cérébral s'est réorganisé de telle façon que les informations visuelles captent toute leur attention au détriment des sons.

Faute de n'avoir jamais entendu de sons, leur cortex auditif s'est converti dans la perception des informations visuelles, notamment des mouvements des lèvres ou des mains de leur interlocuteur. Et ces informations visuelles deviennent si prégnantes chez ces personnes qu'elles interfèrent avec les informations auditives que génère leur implant cochléaire, voire les éclipsent complètement.

L'audiologiste François Champoux qui poursuit son doctorat à l'Université de Montréal en sciences biomédicales avait d'abord observé que plus une personne avait subi une importante réorganisation corticale -- visible par électroencéphalographie lors de stimulations visuelles --, moins son implant cochléaire fonctionnait bien, ou plutôt moins celui-ci lui semblait efficace. Il s'est alors appliqué à vérifier dans quelles situations particulières, l'implant n'était plus d'aucune utilité pour la personne sourde.

Quand les lèvres de notre interlocuteur concordent avec les signaux auditifs qui parviennent à nos oreilles, nous fusionnons ces deux types d'informations pour mieux comprendre le message, et ce, surtout si nous nous trouvons dans un environnement bruyant, explique le jeune chercheur. Si nous présentons à quelqu'un deux informations qui se ressemblent, il les fusionnera spontanément et il n'entendra pas tout à fait ce qui parvient à ses oreilles ni ce qu'il voit sur les lèvres. «Par exemple, si vous entendez "ba" et que vous voyez "da" sur les lèvres de votre interlocuteur, vous entendrez la fusion de ces deux informations. C'est l'effet McGurk, une illusion audiovisuelle très connue, précise l'audiologiste. Normalement, si l'information auditive ne correspond pas du tout à l'information visuelle, notre cerveau sépare ces deux types d'information. On dit qu'il procède à une ségrégation.»

Dans le laboratoire du professeur Hugo Théoret de l'École d'orthophonie et d'audiologie, François Champoux a évalué cette interférence auditivo-visuelle chez des personnes qui se plaignaient de ne pas bien entendre avec leur implant cochléaire. «Ces individus n'entendaient plus du tout un mot énoncé à voix haute quand au même moment on leur faisait voir le visage d'une personne qui prononçait un mot différent, souligne François Champoux. De simples points qui se déplaçaient sur un écran faisaient aussi chuter leur perception auditive. Par contre, un changement de couleur de l'écran était sans effet. Seuls les stimuli visuels de mouvement, et surtout la lecture labiale, s'avéraient catastrophiques pour eux.»

C'est pourquoi se promener au volant de leur voiture, regarder un film doublé, ou écouter une personne tout en en regardant une autre qui parle d'autre chose nuit à la perception auditive chez ces personnes «moins performantes» avec leur implant.

Évidemment, il est préférable de procéder à une implantation cochléaire le plus tôt possible dans la vie d'un enfant, car la réorganisation corticale est plus flexible et est réversible en raison de la plus grande plasticité du cerveau, affirme François Champoux. Si un enfant subit une implantation cochléaire avant l'âge de deux ans, il bénéficiera à plein des possibilités de son implant. Si l'intervention survient après l'âge de deux ans, l'enfant aura plus de difficulté à s'adapter, et ce, surtout s'il a appris à lire sur les lèvres.

Cette découverte de François Champoux conduira vraisemblablement les audiologistes à s'interroger sur leur pratique. Comme les programmes de réadaptation offerts aux jeunes enfants sourds sont en grande partie fondés sur le langage des signes, les audiologistes seraient-ils en train de nuire à ces enfants?, soulève le scientifique. «Si on entraîne trop le système visuel, on induira une réorganisation des cortex visuel et auditif qui risque de nuire à l'audition une fois l'implantation cochléaire effectuée, car l'enfant se fiera trop à l'information visuelle. Faudrait-il réduire le recours au visuel (et donc au langage des signes et à la lecture labiale) lors de la réadaptation pour ne pas nuire à l'efficacité de l'implant cochléaire, sachant que, si on maintient la vision, cela empêche l'audition de revenir? Ce n'est pas sûr, car, en faisant cela, on risque de ralentir le développement cognitif de l'enfant. Si on bande les yeux d'un enfant parce que l'implant ne fonctionne pas bien, cet enfant ne comprendra plus rien et n'interagira plus avec son environnement. Par contre, s'il conserve la vision, on empêche l'audition de reprendre ses droits.»

François Champoux se promet de développer des outils permettant des mesures objectives qui prédiront le niveau de réorganisation du cortex. Ces informations aideront les audiologistes à planifier le type de réadaptation qui serait le plus approprié à chaque personne.


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