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Mardi 25 mars 2008 Numéro 395
Aujourd'hui en veille
Enquête du coroner sur la mort d'un détenu ayant des problèmes de santé mentale
Pacte pour l'emploi des personnes ayant des incapacités en France


Enquête du coroner sur la mort d'un détenu ayant des problèmes de santé mentale
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Paru le dimanche 23 mars 2008 sur Cyberpresse.ca/La Presse

Le dimanche 23 mars 2008
Mort d'un détenu: «Il n'avait pas d'affaire en prison»
Katia Gagnon
La Presse

Huit ans après la mort d'un jeune schizophrène à la prison de Rivière-des-Prairies, le réseau de la santé, le système judiciaire et les centres de détention collaborent toujours aussi mal. Le coroner Paul Dionne, qui enquête sur un nouveau décès dans la même prison, s'apprête à dénoncer cette situation dans un rapport qui sera rendu public dans quelques semaines.

Le coroner, qui enquête sur la mort de Justin Scott-St-Aubin, un jeune homme atteint de problèmes de santé mentale lui aussi mort à Rivière-des-Prairies en novembre dernier, s'apprête à livrer un jugement lapidaire sur le traitement judiciaire des personnes atteintes de maladies mentales. C'est ce que nous ont indiqué plusieurs sources proches du dossier.

Justin Scott-St-Aubin était détenu «illégalement» puisqu'un juge avait ordonné une évaluation psychiatrique et non une détention, statuera d'emblée le coroner. Le jeune homme de 25 ans aurait dû, en théorie, se retrouver à l'Institut Philippe-Pinel. Mais l'établissement médico-légal, perpétuellement engorgé, n'a pu l'accueillir. Pinel réalise chaque année quelque 280 évaluations à RDP.

Justin Scott-St-Aubin a donc passé trois jours à Rivière-des-Prairies. Où, comme Brian Bédard il y a huit ans, il a fini par mourir des suites d'une contention. M. Scott-St-Aubin n'avait pas de dossier judiciaire. Il était diplômé en administration et n'avait pas reçu de diagnostic clair sur ses problèmes de santé mentale.

Pendant ces trois journées en détention, M. Scott-St-Aubin a présenté à plusieurs reprises des signes de désorganisation importants et a subi plusieurs contentions. L'établissement de détention aurait-il dû le transférer à l'hôpital? «S'il avait été malade d'une appendicite, on ne se serait pas posé la question. On l'aurait envoyé à l'hôpital, dit une source. Il n'avait pas d'affaire en prison.»

Le jeune homme a plutôt été traité par l'équipe médicale de l'infirmerie de RDP. Selon nos informations, le coroner examine d'ailleurs en détail les soins qui ont été prodigués au prévenu pendant ces trois jours par du personnel médical. Et il se «pose beaucoup de questions», indique un autre informateur. Très peu de notes auraient notamment été rédigées sur les contentions administrées à M. Scott-St-Aubin.

Une enquête semblable il y a sept ans

Il y a sept ans, la coroner Andrée Kronström s'était penchée pendant 15 jours sur les circonstances du décès de Brian Bédard, un schizophrène de 33 ans qui s'était lui aussi retrouvé à la prison de RDP. Encore là, il n'y avait pas de place à Pinel.

«J'ai dû m'interroger, écrivait la coroner à l'époque, sur les causes profondes qui ont conduit M. Bédard à RDP alors que la place d'une personne atteinte de schizophrénie en état de crise n'est pas dans un établissement de détention.»

Me Kronström avait produit un volumineux rapport, truffé de recommandations précises à l'endroit du système judiciaire, du réseau de la santé et des établissements de détention. Un comité interministériel avait d'ailleurs été créé dans la foulée du rapport. Or, le cas de M. Scott-St-Aubin semble démontrer que la situation n'a pas beaucoup évolué depuis sept ans.

Croissance «exponentielle» des demandes

À l'Institut Pinel, on avait ouvert une nouvelle unité à la suite du rapport. «Mais depuis, la demande a été en croissance exponentielle», explique Jocelyn Aubut, directeur général de l'établissement. En 2002, Pinel avait 600 demandes d'évaluation par an. Six ans plus tard, on en est à 1000 demandes. «On peut ouvrir une autre unité, mais si dans cinq ans on a 1500 demandes, on revient au même point», dit M. Aubut.

Des scénarios sont actuellement envisagés avec l'Agence de santé de Montréal pour désengorger Pinel. «Il faut trouver des solutions. Ou bien d'autres hôpitaux s'occupent de ces cas, ou bien on sort des patients de Pinel, qui pourraient fonctionner dans la communauté, mais pour lesquels il n'y a pas de ressources», explique Jocelyn Aubut.

Au ministère de la Santé, on indique qu'un «inventaire» des services de nature médico-légale est en cours. «Ce portrait-là va servir de base pour les travaux d'un comité conjoint santé-justice-sécurité publique qui commencera à travailler l'automne prochain», souligne la porte-parole du MSSS, Geneviève Villemure-Denis.

Quant aux services correctionnels québécois, ils ont fait leurs devoirs, plaide le porte-parole, Réal Roussy. «Il y a un paquet de choses qui se sont faites. Toutes les recommandations ont été suivies», dit-il. La coroner en appelait notamment à une meilleure formation du personnel. «À l'heure actuelle, 6% de toute la formation touche les questions de santé mentale», dit M. Roussy.


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