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Mardi 1er avril 2008 Numéro 397
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Réflexion sur l'intervention des psychologues dans le diagnostique de l'autisme
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Réflexion sur l'intervention des psychologues dans le diagnostique de l'autisme
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Paru le lundi 31 mars 2008 sur Le Devoir

Autisme: intenables listes d'attente Louise-Maude Rioux Soucy
Édition du lundi 31 mars 2008
Mots clés : Autisme, santé, Québec (province)

Et si les psychologues détenaient une partie de la solution ?

Le Québec est distinct jusque dans sa manière de diagnostiquer l'autisme. Mais son choix de réserver cet acte aux seuls médecins est remis en question en ces temps de pénurie. Pour plusieurs, l'heure est venue d'autoriser d'autres professionnels à poser ce diagnostic, et au premier chef les psychologues, qui partagent cette compétence avec les médecins partout ailleurs en Amérique du Nord. Une réflexion qui a gagné jusqu'à l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, a appris Le Devoir.

Pour la psychologue Nathalie Garcin, spécialisée dans l'évaluation et le traitement d'enfants autistes, lâcher du lest relève du simple bon sens. «En Ontario, j'ai souvent eu l'occasion de poser des diagnostics. Au Québec, j'ai les mains liées.» Résultat: les enfants qu'elle accueille dans son centre montréalais de réadaptation en déficience intellectuelle arrivent à un âge assez avancé -- pour la plupart entre quatre et six ans --, alors que ses interventions peuvent pourtant commencer dès l'âge de 18 mois.

Le principal goulot d'étranglement se trouve en amont, dans les centres hospitaliers qui ont la chance de compter une équipe multidisciplinaire apte à faire un diagnostic exigeant des connaissances aussi pointues que l'exigent les troubles de l'autisme. À Montréal seulement, entre 450 et 600 enfants font le pied de grue pendant un à deux ans avant d'obtenir ce diagnostic tant attendu. Ceux-là attendent ensuite en moyenne de 18 à 24 mois avant de pouvoir commencer leur traitement.

Il s'agit là d'un vrai parcours du combattant, déplore la psychologue. «Il est très dur pour une famille d'attendre des soins tout en sachant que la fenêtre d'intervention se réduit au fur et à mesure que le temps passe. Surtout quand on sait que les résultats sont moins bons dès que l'enfant dépasse l'âge de six ans.» Consciente de ce fait, l'Agence de Montréal veut mettre un terme à cette double attente. Un comité de travail a d'ailleurs été formé, et son plan d'action est attendu pour l'automne prochain.

Tout est sur la table, y compris l'idée de demander aux psychologues spécialisés dans ces troubles complexes d'apporter leur contribution. Signe des temps, Nathalie Garcin et la psychologue Katherine Moxness ont été invitées à travailler à la rédaction d'un mémoire portant spécifiquement sur cette audacieuse proposition. Les deux professionnelles entendent profiter de l'exercice pour dénoncer les incohérences d'un système qui met déjà les psychologues au centre des opérations des équipes multidisciplinaires spécialisées en autisme au Québec.

Car il ne faut pas se tromper, il s'agit ici d'une bataille qui présente des réflexes corporatistes certains, croit la Dre Garcin. Cela lui paraît d'autant plus absurde que le partage des compétences est en réalité déjà autrement plus souple que ne le veut la loi. «Présentement, l'enfant est vu par une équipe multidisciplinaire formée de pédiatres, de psychologues, d'orthophonistes, d'ergothérapeutes et de travailleurs sociaux. Le psychologue procède ensuite à une entrevue complète qui est revue par toute l'équipe, même si c'est le médecin qui, au final, donne le diagnostic.»

Or, en raison de la surcharge de travail dans les établissements, il arrive souvent que le médecin se borne à donner son imprimatur à une évaluation menée de bout en bout par les autres membres de l'équipe, argue la Dre Moxness. «Le cadre législatif au Québec ne reflète pas la réalité sur le terrain, ni les façons de procéder des autres provinces, en plus d'être contraire aux pratiques exemplaires.»

Pratiques exemplaires

Ces pratiques exemplaires ont récemment été recensées par un groupe d'experts canadiens qui a rédigé un guide destiné aux médecins, mais aussi aux psychologues des autres provinces qui sont autorisés à poser des diagnostics pour tous les troubles du spectre de l'autisme (TSA), soit les troubles autistiques, le syndrome d'Asperger et les troubles envahissants du développement (TED). Pour ces experts, Québec doit permettre à ses psychologues qualifiés de poser un diagnostic tout comme de prescrire un traitement non pharmacologique de manière à réduire les temps d'attente.

Le pédiatre montérégien Yves Tremblay, qui se spécialise dans le domaine des troubles du développement, fait partie de ce groupe d'experts pancanadiens. «Selon la loi, tout médecin peut poser n'importe quel diagnostic. Mais avec l'autisme ou les TED, on se retrouve dans une situation où le médecin est confronté à des problèmes qui, avec l'évolution des connaissances, exigent des compétences supplémentaires très complexes. Nous avons donc recensé les meilleures pratiques au Canada de manière à mieux les outiller.»

L'autisme ou les TED sont en effet des problèmes difficiles à cerner. La majorité des enfants ne présentent rien de particulier à la naissance. Les premières préoccupations apparaissent plus tard, entre l'âge d'un et deux ans, explique le Dr Tremblay «Certains parents vont alors remarquer que leur enfant ne répond pas quand on l'appelle par son nom. Ils vont aussi s'inquiéter de voir que son langage ne décolle pas, qu'il n'imite pas les gestes comme les bye bye et qu'il ne cherche pas à établir de contacts visuels.»

Or, tous ces indices doivent être pesés et soupesés par une équipe d'experts avant de conclure hors de tout doute que l'enfant souffre d'un TSA, selon le Dr Tremblay. «On ne doit pas demander au médecin de faire un diagnostic de cette nature, mais d'orienter l'enfant vers des équipes multidisciplinaires qui ont l'expertise nécessaire pour trancher. Maintenant, si on choisit d'élargir le nombre de professionnels autorisés à le faire, il faut que cela vienne avec les connaissances appropriées, que ce soit pour un médecin, comme pour un psychologue ou un orthophoniste par exemple.»

C'est aussi l'avis des Dres Garcin et Moxness qui demandent à Québec d'intervenir en ce sens. Le gouvernement en a présentement l'occasion avec son projet de loi 50 qui modifie le Code des professions dans le domaine de la santé mentale. «Je pense que nous avons ici les moyens d'agir de manière très concrète sur les temps d'attente et je ne comprends pas pourquoi on ferait encore l'économie de ce débat-là», lance Nathalie Garcin.

D'autant que le milieu compte d'autres problèmes tout aussi inquiétants, dont la difficulté d'offrir un traitement adéquat en temps opportun à tous les enfants. Dans certaines régions du Canada et des États-Unis, on prône jusqu'à 40 heures d'intervention intensive par semaine. Au Québec, même les 20 heures par semaine qui sont offertes aux enfants relèvent du tour de force, rappelle la Dre Garcin. «On n'a pas assez de sous pour traiter tous les enfants qui sont sur la liste d'attente. En attendant, on leur offre des services de soutien en parallèle, mais on parle ici de cinq à six heures par semaine pas plus.»

Au Québec, on estime qu'un enfant sur 166 souffre d'autisme, un ratio qui va en augmentant selon plusieurs experts. Dans une étude publiée en 2004, Weatherby et al. ont montré que les avantages sont plus grands quand on intervient auprès de ces enfants avant qu'ils n'aient trois ans et demi ans qu'après l'âge de cinq ans. Selon cette étude, «intervenir avant l'âge de trois ans pourrait être encore plus bénéfique».


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