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Vendredi 4 avril 2008 Numéro 399
Aujourd'hui en veille
Série de La Presse sur l'intégration en classe régulière
La FSE se positionne en demandant une modification à la LIP
La ministre de l'Éducation précise ses intentions
Crise au département de psychiatrie de l'Hôpital Fleury
Recherche sur un possible gêne relié au TDAH
1er anniversaire de la signature de la convention de l'ONU par le Canada
Entrée en vigueur de la Convention de l'ONU
Opération secours adaptés en Montérégie
Déménagement du CRDI de Québec


Série de La Presse sur l'intégration en classe régulière
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Paru le vendredi 4 avril 2008 sur Cyberpresse.ca

Le vendredi 04 avr 2008
Trop d'intégration «sauvage» dans les classes
Isabelle Hachey
La Presse

On intègre de plus en plus d'enfants handicapés ou en difficulté dans les classes régulières. Mais les ressources ne suivent pas. Et les profs sont à bout de souffle. Ils se plaignent de passer plus de temps à gérer leur classe qu'à enseigner. Pour arriver à transmettre toute la matière, plusieurs doivent escamoter le programme. Désemparés, d'autres finissent par quitter la profession. Pour les syndicats, ça ne peut plus durer.

La Fédération des syndicats de l'enseignement réclame l'adoption d'une série de balises pour mettre fin à ce qu'elle considère être l'intégration «sauvage» des enfants handicapés ou en difficulté en classe régulière. Une intégration de plus en plus massive, qui épuise les profs et met en péril les apprentissages, tant des élèves intégrés que des autres.

«Ça ne peut plus durer comme ça!», tranche la présidente de la FSE, Johanne Fortier.

Réunis en conseil fédéral cette semaine, les représentants de 60 000 enseignants du Québec se sont penchés sur les recommandations contenues dans un volumineux rapport d'enquête, produit par la FSE, sur l'impact de l'intégration dans les classes primaires et secondaires. Les détails de leurs délibérations seront rendus publics aujourd'hui.

On sait déjà que la FSE entend exiger une limite au nombre d'élèves handicapés ou en difficulté par classe. «Il s'agit d'établir le seuil à partir duquel la classe ordinaire ne peut plus recevoir ces élèves sans compromettre la qualité de l'enseignement, autant pour eux que pour le reste de la classe», expliquait dernièrement Mme Fortier en entrevue à La Presse.

«Au sein de la société, il y a 10 à 12% de personnes en difficulté. Dans la classe, on devrait avoir la même norme, estime la présidente de la FSE. Ça veut dire qu'il ne devrait pas y avoir beaucoup plus de trois enfants en difficulté par classe.» Un taux déjà largement dépassé, poursuit-elle. «Dans une classe, il y a souvent sept ou huit enfants ayant des troubles de différents ordres.»

Selon les chiffres du ministère de l'Éducation, le nombre d'élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation (EHDAA) intégrés en classe ordinaire a augmenté de 37% en cinq ans, passant de 67 982 en 2001-2002 à 93 293 en 2006-2007.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, n'a pas voulu commenter hier la requête de la FSE, ni révéler si de telles balises feront partie de son plan d'action pour l'amélioration de la réussite scolaire des EHDAA. Le plan d'action sera dévoilé ce printemps.

La proposition de la FSE risque de soulever la controverse. La majorité des parents tiennent à tout prix à l'intégration de leurs enfants handicapés ou en difficulté en classe ordinaire. Il s'agit d'ailleurs d'un droit inscrit dans la Loi sur l'instruction publique, qui stipule cependant que l'intégration ne doit pas constituer «une contrainte excessive» ou porter atteinte aux droits des autres élèves.

Témoignages troublants

Au cours des dernières semaines, La Presse a recueilli les témoignages d'une quinzaine d'enseignants, de Montréal au Lac-Saint-Jean. Le portrait n'est pas réjouissant. Ils nous ont confié leurs angoisses, leurs frustrations et leur sentiment d'impuissance face à l'intégration massive d'EHDAÀ dans leur classe. Leurs récits seront publiés demain.

«Les profs se sentent coincés, dit Mme Fortier. Beaucoup nous disent qu'ils sont rendus à faire plus de discipline que d'enseignement.» Certains n'arrivent même plus à passer toute la matière. Une enseignante de quatrième année a confié avec découragement qu'à la fin de l'année scolaire, elle n'aura réussi à enseigner que la moitié du programme.

Ce n'est pas un cas isolé. Selon un sondage réalisé par la FSE auprès de ses membres, les trois quarts des enseignants se disent dépourvus et considèrent que l'intégration va désormais trop loin.

La vague de projets sélectifs qui déferle sur l'école publique, ajoutée à l'exode des élèves vers les écoles privées, ont dépouillé les classes régulières de leurs élèves les plus doués. Un véritable «écrémage», selon Égide Royer, spécialiste de l'adaptation scolaire à l'Université Laval. «Une fois que le privé, que les écoles internationales et que les programmes comme art-études et sport-études ont fait le plein, elle ressemble à quoi la classe ordinaire? Elle est moyenne, faible.»

C'est dans ces classes déjà affaiblies qu'échouent les EHDAA, accentuant d'autant la pression sur les profs. «L'intégration est allée beaucoup trop loin», dénonce Nathalie Morel, présidente de l'Alliance des professeurs de Montréal. «Les enseignants n'en peuvent plus, ils ne savent plus où donner de la tête. Plusieurs prennent des congés de maladie ou quittent la profession tellement la lourdeur de la tâche est rendue incroyable. C'est assez. On est en train d'épuiser tout le monde.»

Paru vendredi 4 avril 2008 sur Cyberpresse.ca/La Presse

Le vendredi 04 avr 2008
Un manque criant de formation adaptée
Isabelle Hachey
La Presse

Johanne Demers s'est longtemps demandé quel était le problème de son fils Antoine. Le calvaire a commencé dès son entrée à la petite école. «En deuxième année, faire moins de 20 fautes dans une dictée, c'était impensable», se souvient-elle.

Malgré les longues soirées - et les week-ends - sacrifiés aux devoirs, le garçon ne réussissait pas. «Au primaire, Antoine a beaucoup parlé de suicide. C'était trop dur pour lui. C'était un enfant fragile. Quand les leçons étaient le moindrement difficiles, il lui venait des larmes aux yeux.»

Au fil des ans, des experts ont évalué l'ouïe du garçon, sa vision, sa santé mentale. Ils n'ont rien trouvé. Et puis, l'an dernier, Mme Demers a assisté à la conférence d'un neuropsychologue sur les troubles d'apprentissage. «En l'écoutant, je me suis dit: c'est ça. C'est ce dont souffre mon fils. C'est la dyslexie.» Antoine était en quatrième secondaire.

Un diagnostic au privé

Pendant toutes ces années, l'école n'a jamais rien décelé. Comme bien d'autres parents, Mme Demers s'est tournée vers le privé pour obtenir un diagnostic, question d'éviter une attente de plus d'un an à l'école. Trois mois et 850$ plus tard, elle était fixée: Antoine était bien dyslexique dysorthographique.

Aujourd'hui en cinquième secondaire, Antoine a droit à un local et une assistante qui lui lit ses examens de fin d'année.

«L'école apprend en même temps que moi», constate Mme Demers, directrice d'un organisme communautaire de Beloeil. «Les profs ne savent pas ce qu'est la dyslexie. Ils n'apprennent pas ça à l'université.»

Le problème est là. Au cours de leur formation de quatre ans, les futurs enseignants suivent rarement plus d'un cours de 45 heures en adaptation scolaire.

Étant donné le manque criant de professionnels (orthophonistes, psychologues, etc.) dans les écoles, ce sont les enseignants qui doivent se débrouiller pour aider les élèves en difficulté. Or, seulement 17% d'entre eux ont été formés pour le faire.

Besoin de spécialistes

«L'enseignement ne suffit pas pour les 15 à 20% d'enfants en difficulté dans nos écoles. Ça prend des professionnels, dit Égide Royer, psychologue et chercheur à l'Université Laval. Au Québec, on pourrait dire qu'on peut s'organiser uniquement avec des médecins généralistes. Mais il y a un certain nombre de personnes qui ont besoin de spécialistes. C'est la même chose à l'école.»

M. Royer déplore la «déprofessionnalisation du milieu de l'adaptation scolaire»: l'emploi de techniciens en éducation spécialisée pour traiter les problèmes les plus complexes. «Si un cardiologue prenait sa retraite, que diriez-vous si le conseil d'administration de l'hôpital le remplaçait par trois brancardiers?»

«En adaptation scolaire, plus le problème est compliqué, moins le personnel est qualifié, poursuit-il. Pour enseigner en maternelle, cela prend un baccalauréat universitaire de quatre ans. Pour intervenir auprès d'enfants souffrant de troubles de comportement très compliqués, cela prend une technique d'éducation au cégep. C'est une question de gros sous.»

Paru vendredi 4 avril 2008 sur Cyberpresse.ca/La Presse

Le vendredi 04 avr 2008
Ressources insuffisantes: des parents s'adressent aux tribunaux
Isabelle Hachey
La Presse

En principe, personne n'est contre l'intégration en classe régulière des élèves handicapés ou en difficulté. En pratique, c'est une autre histoire. Surtout quand les services ne suivent pas - et que l'opération semble davantage motivée par des considérations budgétaires que par une véritable volonté d'intégration scolaire et sociale.

Le gouvernement a beau consacrer 1,6 milliard de dollars aux élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation (EHDAA), plus souvent qu'autrement, les parents courent sans arrêt après les services, distribués au compte-gouttes.

«Québec veut réduire les coûts en demandant aux profs d'adapter leur enseignement pour les élèves en difficulté, dénonce Jean Falardeau, président de la Fédération des professionnels de l'éducation. Mais les profs ne sont pas capables de tout faire. Ils ont besoin de psychoéducateurs, d'orthopédagogues, de psychologues pour aider les élèves à mieux fonctionner.»

Pour l'heure, les efforts des professionnels sont pratiquement réduits à néant lorsqu'ils doivent courir d'une école à l'autre pour tenter d'éteindre les feux. «J'ai des élèves qui, en principe, devraient rencontrer régulièrement la travailleuse sociale. Ils la voient deux ou trois fois par année. En terme d'efficacité, c'est zéro», raconte Martine, une enseignante du Lac-Saint-Jean.

Fatigués de courir, des parents finissent par baisser les bras; d'autres acceptent leur sort en silence. Jacques Desgagnés et Christine Frigon, eux, ont décidé de contre-attaquer. Avec d'autres parents, ils ont intenté un recours collectif contre le ministère de l'Éducation et six commissions scolaires de la région de Montréal.

Le fils du couple, Thierry, est dyslexique. Au primaire, il a eu tant de difficultés qu'il a redoublé - deux fois plutôt qu'une. Pourtant, jamais son problème n'a été décelé à l'école.

M. Desgagnés a finalement obtenu - pour 1200$ - l'évaluation d'un neurologue. Mais le retard du garçon était déjà difficile à rattraper. «Nous réclamons du dépistage dès l'entrée au primaire, dit-il. Les études montrent que dans plus de 80% des cas, les enfants dyslexiques pris en charge dès l'âge de 6 ou 7 ans sont capables de suivre un cheminement normal.»

Les parents à l'origine du recours collectif exigent aussi des services adaptés. «Par exemple, des examens oraux plutôt qu'écrits au primaire», dit M. Desgagnés, dont le fils de 17 ans est en troisième secondaire. Le procès aura lieu en 2009. «Quand tout ça sera fini, Thierry ne sera même plus à l'école»


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