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Mardi 13 mai 2008 Numéro 413
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Conditions de vie des détenus ayant des problèmes de santé mentale
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Paru le lundi 12 mai 2008 sur Cyberpresse.ca/La Presse

Le lundi 12 mai 2008
Des médecins menacent de sortir des prisons
Katia Gagnon
La Presse

Les psychiatres de l’Institut Philippe-Pinel, qui visitent régulièrement les prisons montréalaises afin de donner des soins aux détenus souffrant de problèmes psychiatriques, pourraient mettre fin à leurs visites si des changements profonds ne sont pas apportés au traitement «inhumain» réservé aux malades dans les centres de détention gérés par Québec.

La prison pour femmes de Tanguay pourrait ainsi se retrouver sans services psychiatriques dès le mois de juin puisque les deux médecins qui y officient actuellement ont annoncé leur intention de partir, nous ont indiqué plusieurs sources près du dossier.

Et les psychiatres qui desservent les prison de Bordeaux et de Rivière-des-Prairies pourraient eux aussi cesser leurs services d’ici quelques mois si les choses ne changent pas dans les « infirmeries », les lieux où l’on garde les détenus atteints de problèmes psychiatriques.

Le docteur Jocelyn Aubut, directeur général de Pinel, tente présentement de renégocier de nouvelles conditions de vie pour les détenus, et de nouvelles conditions d’exercice pour ses médecins, puisque l’entente qui lie l’Institut Philippe-Pinel et les services correctionnels arrive bientôt à échéance.

Et si rien ne change, les médecins pourraient cesser la prestation de services ? « Certainement », nous a-t-il confirmé, indiquant que les psychiatres de l’hôpital Robert-Giffard, à Québec, avaient eux aussi cessé les services à plusieurs reprises à la prison d’Orsainville à cause de revendications semblables.

Plusieurs sources dénoncent le traitement « inhumain » des malades
psychiatriques en prison, les « conditions de tiers-monde » qui prévalent dans ces infirmeries. Nous avons demandé à plusieurs reprises aux autorités des Services correctionnels l’autorisation de visiter les infirmeries. Notre demande a systématiquement été rejetée.

Rénovations demandées

Pour continuer à pratiquer en prison, les psychiatres réclament que soit totalement réaménagée l’aile F de la prison de Bordeaux, l’une des branches de l’étoile formée par les bâtiments du centre de détention. Cette aile abrite « l’infirmerie », où les conditions de vie sont terribles. Le bruit ambiant est assourdissant et les salles d’isolement, seuls lieux où les détenus peuvent avoir un peu de solitude, sont souvent monopolisées pour d’autres détenus jugés dangereux.

La prison effectue actuellement des travaux de 50 millions et pas un sou n’est prévu pour rénover l’aile F.

Les médecins veulent aussi pouvoir donner des formations en santé mentale aux gardiens qui travaillent dans les infirmeries. Ils réclament aussi des équipes qui effectueraient le suivi des patients à leur sortie du centre de détention, ainsi que des lits de transition. Et surtout, les médecins veulent avoir l’autorité totale sur les infirmeries, actuellement sous le contrôle des directeurs des centres de détention.

Depuis un an, des négociations sont en cours entre les ministères de la Sécurité publique et de la Santé pour faire passer les infirmeries sous le contrôle des services de santé. Mais ces négociations traînent et n’ont pour l’instant produit aucun résultat concret.

«On est conscients qu’il y a des problématiques et on est en discussion avec le ministère de la Santé pour les régler», affirme Réal Roussy, porte-parole des Services correctionnels du Québec.

15 % des détenus souffrent d’un trouble mental grave

Une étude a démontré que 15 % des détenus des prisons québécoises auraient besoin d’une assistance immédiate parce qu’ils souffrent d’un trouble mental grave. Seule la moitié est identifiée, c’est-à-dire qu’elle reçoit des médicaments. Ces patients ne bénéficient pas nécessairement d’un suivi psychiatrique, et personne ne sait s’ils prennent réellement leurs médicaments.

Ces malades sont d’ailleurs loin de se retrouver systématiquement dans les infirmeries : il n’y a que 35 places pour les malades à Bordeaux, pour 1113 détenus ; 26 places à Rivière-des-Prairies, pour 598 détenus. Et il n’y a aucune infirmerie officielle pour les 171 détenues de Tanguay.

Plus souvent qu’autrement, les malades se retrouvent donc dans les unités
régulières, où ils ont souvent la vie dure. Les autres détenus traitent sans ménagement ceux qu’ils appellent « les soucoupes ».

Pire encore, quand les détenus malades quittent la prison, ils n’ont aucun suivi psychiatrique. « Les itinérants arrivent sans papiers, sans médicaments et ils repartent pareil, résume une source. Dans le meilleur des cas, ils voient un psychiatre durant leur séjour. Les psychiatres voient revenir les mêmes personnes année après année. C’est complètement farfelu de dire à un itinérant qui sort : trouve-toi un psychiatre. »

Depuis 2000, deux détenus atteints de troubles mentaux ont perdu la vie dans les prisons québécoises. Une enquête du coroner, en 2001, avait ordonné qu’un meilleur maillage entre le réseau de la santé et des services correctionnels permette de donner des soins adéquats aux malades.

Puis, l’an dernier, un autre détenu atteint de troubles mentaux, Justin Scott St-Aubin, est décédé des suites d’une contention à la prison de Rivière-des-Prairies.
Une nouvelle enquête du coroner est en cours.

Paru lundi 12 mai 2008 sur CNW – Telbec

Aile parlementaire de l'opposition officielle - Personnes incarcérées ayant des problèmes psychiatriques - «Un autre constat d'échec dans les prisons québécoises» - Sylvie Roy

QUÉBEC, le 12 mai /CNW Telbec/ - Réagissant aux propos des psychiatres de l'Institut Philippe-Pinel et de l'Institut Robert-Giffard, la critique de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, Mme Sylvie Roy, a dénoncé de nouveau le laxisme du ministre de la Sécurité publique, M. Jacques Dupuis, dans le dossier des détenus psychiatrisés qui se retrouvent dans les prisons québécoises. «Il s'agit là d'un problème que l'ADQ a maintes fois dénoncées et auquel le gouvernement n'a jamais répondu. Les prisons sont pleines de personnes qui devraient plutôt être dans un hôpital. Le milieu carcéral qui se veut punitif et non curatif ne permet pas aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale d'avoir un suivi adéquat et de se réhabiliter» s'est indignée Mme Roy.

Pour la députée adéquiste, le fait que les psychiatres dénoncent aujourd'hui cette situation est la confirmation que rien n'a changé, malgré les multiples interventions de l'ADQ. «Même si le gouvernement du Québec sait très bien que 15 % des détenus ayant des troubles sérieux de santé mentale se retrouvent en prison parce qu'ils n'ont pas plus d'aide à l'extérieur qu'à l'intérieur des murs, il ne fait rien pour corriger cette situation. Le gouvernement doit assumer que les victimes de la désinstitutionnalisation ont été déplacées des institutions de santé vers les prisons pour leur plus grand tort» a conclu la députée adéquiste de Lotbinière.


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