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L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

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Vendredi 19 février 2010 Numéro 587
Aujourd'hui en veille
L'AQIS réagit aux propos de la ministre Courchesne
La Fédération des comités de parents interpelle la ministre concernant l'intégration des EHDAA
La FCSQ demande l'intervention de la ministre sur l'intégration des EHDAA en classe ordinaire
L'inaccessibilité des guichets de paiement direct
Lancement de la Semaine de la déficience intellectuelle
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Une luge adaptée à Rivière-du-Loup
Nouveau lexique LSQ en technique d'usinage
Les 28e Rendez-vous du cinéma québecois
Intech recherche des personnes ayant une déficience motrice pour un projet de recherche


L'AQIS réagit aux propos de la ministre Courchesne
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Paru le vendredi 19 février 2010 sur AQIS

Pour écoutes l'entrevue donné par la ministre à l'émission Puisqu'il faut se lever au 98.5fm
www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/275461.mp3


Lettre ouverte adressée à Mme Michèle Courchesne, ministre de l’Éducation

Ségrégation à tout prix!
Mme Courchesne, en tant que présidente de l’Association du Québec pour l’intégration sociale - et mère d’un adolescent qui a une déficience intellectuelle - je tiens à vous faire part de mon étonnement face aux propos que vous avez tenus, concernant l’intégration scolaire des élèves handicapés, lors de l’entrevue que vous avez accordée le 15 février à l’animateur Paul Arcand.

Je me permets d’abord de vous informer que dans le milieu de défense des droits des personnes ayant une limitation fonctionnelle et leur famille, personne ne parle, pas plus qu’il ne prône, l’intégration « à tout prix ». Nous parlons plutôt du respect des lois et politiques en vigueur au Québec, notamment de la Loi sur l’instruction publique et de la Politique d’adaptation scolaire. Nous parlons aussi de la tendance mondiale qui est à l’intégration, voire même à l’inclusion, par la richesse de la diversité et de la différence, à l’image du message intégrateur de tous les élèves que vous avez porté devant l’UNESCO en 2008.

Quand vous mentionnez que l’Office des personnes des handicapées réclame l’intégration « à tout prix », il faut se rappeler que le législateur lui a donné la mission de veiller à ce que soit respectée la Loi assurant l’exercice des droits des personnes handicapées en vue de leur intégration scolaire, professionnelle et sociale. C’est cette loi qui assure l’intégration des élèves handicapés, et de ceux qui sont en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage, dans une classe ordinaire, sous certaines conditions. Est-ce cela que vous appeler l’intégration « à tout prix »? Vous faites également référence à des jurisprudences qui favorisent l’intégration en classe ordinaire. Nous convenons qu’il est malheureux que les parents doivent se rendre au tribunal pour faire respecter les droits inscrits dans la Loi et dans notre Charte des droits et libertés du Québec.

Madame la ministre, nous reconnaissons que c’est tout à votre honneur de vouloir régler les nombreux problèmes du monde de l’éducation tels le décrochage scolaire, la diplômation, le trop grand nombre d’élèves dans les classes ordinaires, la démotivation, pour ne nommer que ceux-là. Ces difficultés sont toutefois le résultat d’un ensemble de facteurs et nécessitent des solutions variées. Mais il ne faut surtout pas laisser croire que les élèves handicapés sont la cause de tous ces maux! L’apport de nuances dans vos propos nous aiderait grandement à combattre les nombreux préjugés qui entravent l’intégration.

Nous avons de bonnes nouvelles pour vous! L’intégration est chose possible. Nous vous invitons à regarder comment un système qui fait place à la diversité et au multiculturalisme peut fonctionner, simplement en vous tournant vers les commissions scolaires anglophones qui pratiquent l’intégration, ici au Québec, telle qu’elle est prescrite dans la Loi, la Politique de votre ministère et la Charte. Une étude commandée par le Conseil scolaire a même démontré que les commissions scolaires anglophones de l’île de Montréal réussissent mieux que les commissions scolaires francophones du même territoire au niveau de l’intégration à la classe ordinaire des élèves, au niveau de la diplomation des élèves en cinquième secondaire et au niveau de la rétention des élèves et des enseignants. Et ce, avec des budgets équivalents… Pourquoi ne pas s’en inspirer?

Vous nous dites que l’éducation est un gouffre sans fonds, que vous investissez continuellement de l’argent, et c’est vrai! Vous avez même protégé les commissions scolaires de la décroissance de la clientèle scolaire. Ainsi, malgré la perte de plus de 100,000 élèves dans nos écoles depuis 2002-2003, elles ont reçu les mêmes budgets de base. De plus, vous avez ajouté le 90M$ sur 3 ans pour investir dans l’ajout de personnels et professionnels… mais les parents et les enseignants vous disent, avec raison, que l’élève ne reçoit pas les services appropriés à ses besoins. Ne sommes-nous pas en droit de nous demander où vont ces argents? Sont-ils investis à bon escient au fait de la réelle mission éducative?

Pourquoi ce questionnement me direz-vous? Sachant qu’en 1990, une commission scolaire a investi tout près d’un demi-million$ pour tenter la ségrégation, alors qu’elle a dû finalement intégrer l’élève…nous voulons savoir combien coûte la récente cause de la Commission scolaire des Phares de Rimouski devant le Tribunal des droits de la personne. En fait, c’est notre demande ultime : Dans un souci de transparence envers la population québécoise, nous vous exhortons de faire connaître publiquement le montant des dépenses, que nous savons exorbitantes, engendrées jusqu’à ce jour en frais juridiques par la Commission scolaire des Phares pour contrer l’intégration du jeune Joël Potvin.

Sachant que ce jeune élève était « intégrable », puisque qu’une commission scolaire voisine l’a intégré avec succès, n’aurait-il pas été plus rentable d’investir ces sommes dans les services aux professeurs et aux élèves pour faciliter l’intégration au lieu de faire vivre des cabinets d’avocats en tentant la ségrégation à tout prix.

Rappelez-vous que nous naissons tous égaux en fait et en droit et que l’intégration fait ses preuves en termes de retombées économiques et sociales. Nous le constatons tous les jours.

Signé

Lucie Villeneuve,
Présidente de l’Association du Québec pour l’intégration sociale.
18 février 2010
 


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