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Mardi 18 mai 2010 Numéro 612
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Hausse du nombre d'élèves en difficulté
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Paru le lundi 17 mai 2010 sur Cyberpresse/Le Soleil

Source : www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/201005/16/01-4280973-eleves-en-difficulte-hausse-troublante-du-nombre-de-cas.php 
 
Élèves en difficulté: hausse «troublante» du nombre de cas

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Récemment, le premier ministre Jean Charest affirmait vouloir revoir le modèle d'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, qui a fait couler beaucoup d'encre au cours des dernières années. Mais peu importe les changements qui seront apportés, un constat «troublant» s'impose: les élèves en difficulté sont toujours plus nombreux dans les écoles du Québec.

Selon les plus récents chiffres du ministère de l'Éducation transmis au Soleil, le nombre d'élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage - les fameux EHDAA, dans le jargon scolaire - a augmenté de 7% en 2008-2009, par rapport à l'année précédente, passant de 149 919 à 161 109 élèves. À titre de comparaison, il n'était que de 117 604 en 2001-2002, ce qui représente une hausse de 37% en sept ans.

Dans cette catégorie d'élèves qui en arrachent sur les bancs d'école, on trouve les enfants qui ont un handicap physique ou intellectuel, mais aussi ceux qui présentent des troubles graves de comportement, des difficultés langagières ou des troubles envahissants du développement (comme l'autisme ou le syndrome d'Asperger). Plusieurs élèves souffrent aussi de difficultés d'apprentissage comme la dyslexie ou la dysorthographie, ou encore d'un déficit d'attention. Fait à noter, ces chiffres incluent aussi les élèves à risque, qui accusent un retard scolaire ou qui ont des difficultés temporaires. Les besoins varient donc considérablement, d'un élève à l'autre.

Au cours de la dernière année, l'augmentation du nombre d'élèves en difficulté a été plus importante à la maternelle (15%) qu'au primaire (10%) et au secondaire (5%). Depuis 2001-2002, ce sont toutefois les écoles secondaires qui ont encaissé une augmentation fulgurante de... 59%, comparativement à 20% au primaire et à 16% au secondaire, toujours sur une période de sept ans.

Au ministère de l'Éducation, on explique cette hausse par un meilleur dépistage. «L'état des connaissances à l'égard des difficultés d'adaptation ou d'apprentissage fait en sorte que l'on dépiste plus rapidement les élèves à risques et susceptibles de développer des difficultés», a indiqué par courriel Simon Fortin, agent d'information.

La définition de «difficulté d'apprentissage» est aussi plus large qu'auparavant, ajoute-t-il. «Avant la dernière convention collective, un élève était dit en difficulté d'apprentissage s'il avait au moins deux ans de retard. Maintenant, c'est un élève qui, à la fin d'un cycle, n'a pas atteint les attentes minimales fixées pour la réussite du cycle», ce qui expliquerait une bonne part de l'augmentation, selon M. Fortin.

De son côté, Égide Royer, professeur à l'Université Laval spécialisé en adaptation scolaire, reconnaît qu'au cours des dernières années, «on s'est mis à faire de l'identification plus serrée» dans les écoles secondaires du Québec. «Mais est-ce qu'il s'agit seulement d'identification ou aussi de retard scolaire lorsque les jeunes arrivent au secondaire?» s'interroge-t-il.

Ce qui le mène vers une hypothèse «qui n'est pas reposante», lance-t-il. Dans les premières années de la réforme scolaire, mise en place dans les écoles du Québec au tournant des années 2000, le redoublement a été interdit, ce qui pourrait expliquer pourquoi «on a tant de jeunes en difficulté au secondaire», affirme-t-il : «On a fait une réforme scolaire pour augmenter la réussite des élèves en difficulté... Je suis troublé.»

Camil Sanfaçon, un ex-enseignant auteur de plusieurs ouvrages sur les élèves en difficulté, voit dans ces données des «chiffres alarmants qui soulèvent beaucoup de questions». En compagnie de Claire Beaumont, présidente du Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement, il a jeté un coup d'oeil à ces statistiques «qu'il faut manipuler avec prudence».

«Est-ce que ces données sont fiables?» lance-t-il, soulignant qu'elles sont produites à des fins administratives. Un financement supplémentaire est en effet accordé aux commissions scolaires en fonction du nombre d'élèves classés EHDAA qu'elles accueillent.
M. Sanfaçon ajoute qu'il est difficile de commenter ces chiffres sans connaître les critères de diagnostic, tout en affirmant que les moyens mis en place pour aider les jeunes en difficulté n'ont pas été très grands au cours des dernières années.

De leur côté, les syndicats d'enseignants, en pleine négociation avec le gouvernement, estiment que ces chiffres représentent bel et bien la réalité sur le terrain. «Ça vient confirmer ce qu'on affirme depuis longtemps. On voit la pression sur les classes ordinaires», affirme Manon Bernard, présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement.

Mme Bernard reconnaît que les méthodes de dépistage se sont raffinées avec les années, mais elle affirme aussi qu'il n'est pas toujours simple d'en arriver à un diagnostic. «On a des problèmes à faire identifier certains élèves. Avoir un diagnostic de troubles de comportement pour un élève, ça peut s'échelonner sur un an.»

En plus de demander des balises à l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières, les enseignants réclament une meilleure identification des élèves qui ont des difficultés.

Un écho à l'appel des profs

Les enseignants dénoncent depuis déjà plusieurs années l'augmentation des élèves en difficulté intégrés dans les classes régulières. Les chiffres confirment leur cri du coeur. De 2001-2002 à 2008-2009, le taux d'intégration de ces élèves aux besoins particuliers est passé de 58% à 64%. La vague d'intégration a toutefois été particulièrement forte au secondaire : près d'un élève sur deux est maintenant intégré (49%) comparativement à un élève sur trois (33%) il y a sept ans.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a déjà indiqué qu'elle s'opposait à «l'intégration à tout prix» et qu'il pourrait y avoir davantage de classes spéciales à l'avenir. Mais les enseignants, qui réclament depuis longtemps des limites à l'intégration, devront prendre leur mal en patience, puisque Mme Courchesne ne fera pas de changements avant la tenue d'un forum sur l'éducation qui se déroulera à l'automne, a-t-elle déjà indiqué. Les syndicats d'enseignants, en pleine négociation, veulent que le nombre maximum d'élèves en difficulté dans une classe ordinaire soit fixé à 10%.
 


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