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L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

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Mardi 31 août 2010 Numéro 629
Aujourd'hui en veille
Augmentation des étudiants ayant des troubles d'apprentissage au niveau collégial
Justice et santé mentale
Les Journées de l'accessibilité du RAPLIQ
La volonté d'exercer la podiatrie malgré sa surdité
Un film sur la fibrose kystique au Festival des films du monde de Montréal
Une étude révèle que les proches aidants souffrent de problèmes de santé mentale
Inauguration d'une aire de jeux d'eau adaptés
Résultats des championnats du monde de paracyclisme à Baie-Comeau
Une dame de Charlevoix va au Costa Rica subir une chirurgie traitant la sclérose en plaques
Problèmes financiers dans les services à domicile en Ontario (Art. anglais)
Guerre des mots concernant l'autisme en Ontario (Art. anglais)


Augmentation des étudiants ayant des troubles d'apprentissage au niveau collégial
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Paru le lundi 23 août 2010 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Publié le 23 août 2010 à 05h00 | Mis à jour à 11h02


Troubles d'apprentissage: le sujet de l'heure au cégep
Le Soleil, Erick Labbé
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil
 

(Québec) C'est le jour J. Ce matin, les premiers élèves de la réforme franchissent les portes des cégeps. Mais l'arrivée de cette nouvelle génération d'étudiants est loin d'être le seul «sujet de l'heure» dans les rangs des cégeps. Des enseignants sont encore plus préoccupés par l'augmentation du nombre d'étudiants qui souffrent de différents troubles d'apprentissage. Leur nombre a littéralement explosé au cours des dernières années. Des services se mettent en place pour répondre à leurs besoins, mais le manque de financement est criant.


Catherine Paradis est professeure de littérature au Cégep de Rimouski. Depuis quelques années, elle doit apprendre à enseigner à un nombre croissant d'étudiants qui souffrent de différents problèmes : dyslexie, dysphasie, déficit d'attention, dysorthographie, syndrome d'Asperger, troubles d'anxiété, problèmes de santé mentale... la liste est longue.

Certains étudiants, anxieux, viennent demander de l'aide à l'enseignant avant le cours, pendant la pause et après la classe. Il y a aussi ceux qui posent des questions toutes les cinq minutes pendant un examen. Ou encore ceux qui oublient tout : leur agenda, leurs manuels scolaires, la date de remise des travaux.

«C'est toute une gymnastique, on n'est pas formé pour ça. En classe, on ne veut pas que ces élèves-là prennent trop de place, mais en même temps, on ne veut pas les museler. On doit aussi mettre des limites. On a tendance à les materner et à vouloir leur venir en aide, mais il faut que ça reste équitable pour les autres élèves. Jusqu'où on va? La ligne n'est pas facile à tracer», dit-elle.


Mme Paradis tient à préciser que le portrait «n'est pas tout noir» et qu'elle se réjouit lorsque des étudiants arrivent à décrocher leur diplôme d'études collégiales. «Mais c'est sûr que comme prof, ça demande plus de travail», lance-t-elle.

Catherine Paradis est loin d'être la seule dans cette situation. D'autres enseignants, qui ont préféré ne pas être identifiés, ont raconté à peu près la même histoire au Soleil. «C'est clair que c'est une grande préoccupation. Tout le monde a des cas à nous soumettre», affirme Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN). De son côté, la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ) a consacré son dernier congrès à cette problématique «préoccupante».

Augmentation fulgurante

Les inquiétudes sont grandes, puisque depuis quelques années, les étudiants qui souffrent de différents problèmes d'apprentissage sont de plus en plus nombreux dans le réseau collégial.

Les chiffres varient selon les sources, mais la tendance reste la même. Selon la Fédération des cégeps, leur nombre a plus que doublé en deux ans, passant de 426 à 1071 étudiants. Mais selon la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), le nombre de cas a littéralement explosé, passant de 860 à 4309 en quatre ans.

Pour obtenir un portrait plus précis et pour mieux répondre aux besoins de ces étudiants, la Fédération des cégeps a d'ailleurs entrepris une étude sur le sujet, réalisée conjointement avec le ministère de l'Éducation et le ministère de la Santé. «C'est un sujet chaud dans le réseau», indique Caroline Tessier, porte-parole de la Fédération.

La CDPDJ a aussi mis sur pied au printemps un comité qui fera des recommandations aux cégeps à ce sujet.

Bonne nouvelle

Plusieurs intervenants interrogés par Le Soleil ont tenu à souligner que ce phénomène s'explique d'abord par une «bonne nouvelle» : grâce à de meilleurs services en place au primaire et au secondaire, ces étudiants arrivent à obtenir un diplôme d'études secondaires malgré leurs difficultés. Arrivés au cégep, ils revendiquent les mêmes services, indique Carole Lavoie, directrice du Cégep de Sainte-Foy. «Les collèges en offrent en autant que les ressources soient disponibles», dit-elle.

Et c'est souvent là que le bât blesse. L'an dernier, le ministère de l'Éducation a octroyé aux cégeps un peu plus d'un million de dollars pour mettre en place des services pour ces élèves. «C'est nettement insuffisant, tranche Mme Lavoie. Il va falloir mettre en place un mode de financement qui nous permette de mieux répondre aux besoins.»

À titre comparatif, près d'un milliard de dollars sont consacrés aux élèves en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation dans les écoles primaires et secondaires.

Même si de grands progrès ont été faits à ce chapitre, il reste encore beaucoup de travail à faire, note de son côté Bernard Bérubé, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges. «Les services et les accommodements mis en place varient beaucoup d'un cégep à l'autre», dit-il. La moitié des cégeps ont jusqu'à maintenant embauché des orthopédagogues, selon la Fédération. Quelques cégeps ont aussi recours aux services d'orthophonistes.

Dans certains collèges, on permet à des étudiants avec un diagnostic d'utiliser des logiciels de correction pendant les examens. Ceux qui ont un déficit d'attention peuvent aussi faire leurs examens seuls dans un local, pour ne pas être dérangés. D'autres ont aussi droit à une heure supplémentaire pour terminer l'exercice. «Il faudrait que tous les collèges aient les mêmes normes», dit M. Bérubé.

Les besoins des étudiants doivent toutefois être évalués au cas par cas, explique Jacques Fortin, directeur des affaires étudiantes au Cégep de Lévis-Lauzon. «Pour chaque étudiant, il y a des rencontres individuelles pour évaluer les mesures à mettre en place, de l'information à transmettre aux enseignants, un suivi pédagogique à faire, explique-t-il. C'est énorme comme travail.»

Paru lundi 23 août 2010 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Publié le 23 août 2010 à 05h00 | Mis à jour à 05h00


Troubles d'apprentissage au cégep: la pointe de l'iceberg
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Les étudiants éprouvant des troubles d'apprentissage sont de plus en plus nombreux dans les cégeps. Et ce n'est qu'un début, prévient Gérald Boutin, professeur à l'Université du Québec à Montréal spécialisé en intégration scolaire. Le nombre de cas augmentera encore davantage avec l'arrivée cette année des élèves de la réforme au collégial, affirme-t-il.
Depuis le début de la réforme, les élèves en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation ont été davantage intégrés en classes ordinaires, tant au niveau primaire que secondaire, rappelle le coauteur du livre Inclusion ou illusion? Élèves en difficulté en classe ordinaire : défis, limites et modalités.

«Avec la réforme actuelle, on est allé encore plus loin dans l'intégration. Et les élèves qui arrivent dans les cégeps cette année n'ont pas connu le redoublement», rappelle-t-il, puisque le ministère de l'Éducation a attendu plusieurs années avant de corriger le tir. «C'est donc normal que les élèves avec des besoins particuliers soient plus nombreux à frapper aux portes des cégeps. On n'a pas vu venir les choses», dit-il.

Or, les enseignants du collégial ne sont pas des orthopédagogues, rappelle M. Boutin. Plusieurs n'ont même pas de formation en pédagogie, puisqu'elle n'est pas obligatoire. «Les profs se sentent désemparés», dit-il.

Par ailleurs, l'intégration de ces élèves au réseau collégial pose plusieurs questions, notamment en ce qui concerne la qualité des diplômes. «Il y a un risque de diplomation à rabais. On veut donner la chance au coureur; je ne suis pas contre, mais il doit y avoir des limites. On ne peut pas faire réussir tout le monde.»

Paru lundi 23 août 2010 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Publié le 23 août 2010 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

Rentrée collégiale: obligation légale «d'accommodement»
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Les cégeps ont l'obligation légale d'accommoder un étudiant avec un handicap. Mais jusqu'où doivent aller ces ajustements? Plusieurs zones grises demeurent.
La question préoccupe des étudiants, des parents et des directions de cégeps, qui ont été nombreux à contacter la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) à ce sujet. Pour répondre à ces nombreuses demandes d'information, la CDPDJ a mis sur pied une table de travail réunissant une vingtaine de partenaires du milieu de l'éducation, afin de soumettre des recommandations aux cégeps.

«Le réseau collégial a été très proactif à ce niveau, mais on veut faire un état des lieux pour bien cerner la situation», explique Daniel Ducharme, chercheur et responsable du dossier à la CDPDJ.

Avis juridique

Au fil des ans, différents avis juridiques sont venus confirmer qu'à partir du moment où l'étudiant a un diplôme d'études secondaires, les cégeps doivent mettre en place des mesures pour pallier son handicap, qu'il soit physique ou neurologique.

Mais d'autres questions demeurent. «Quelles mesures peut-on mettre en place pour aider un étudiant à réussir l'épreuve uniforme de français? Jusqu'où vont les obligations d'accommodement en matière de diplomation? Si les compétences ne peuvent pas être toutes acquises, est-ce qu'un étudiant pourrait obtenir un diplôme

à usage restreint? Comment s'assurer que le niveau de services sera le même d'un cégep à l'autre?» énumère M. Ducharme.

La CDPDJ devrait publier ses recommandations au début de l'an prochain.

Paru lundi 26 août 2010 sur Cyberpresse.ca/Le Soleil

Publié le 26 août 2010 à 05h00 | Mis à jour le 26 août 2010 à 11h03


Troubles d'apprentissage: une urgence, dit la Fédération des cégeps
«Il faut régler ça pour la rentrée scolaire 2011», lance Gaëtan Boucher, président de la Fédération des cégeps.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil
 

(Québec) Confrontée à une hausse fulgurante des troubles d'apprentissage, la Fédération des cégeps croit qu'il est urgent d'agir. Dès la rentrée 2011, les collèges espèrent pouvoir compter sur un financement additionnel pour mettre en place plus de services pour ces étudiants en difficulté.

En début de semaine, Le Soleil rapportait que le nombre d'étudiants aux prises avec des troubles d'apprentissage ou des problèmes de santé mentale avait explosé au cours des dernières années. Selon les estimations les plus conservatrices provenant de la Fédération des cégeps, ils sont passés de 426 à 1071 en deux ans. De son côté, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse estime que leur nombre a plutôt quintuplé en quatre ans, variant de 860 à 4309 étudiants.

Même si les chiffres varient d'une source à l'autre, une certitude demeure : les besoins augmentent mais l'enveloppe financière reste mince. Le ministère de l'Éducation commence à peine à délier les cordons de sa bourse pour financer des services adaptés au collégial. L'an dernier, un peu plus d'un million de dollars y étaient consacrés alors que dans les écoles primaires et secondaires, près d'un milliard de dollars dépensés chaque année pour aider ces élèves.

Le président de la Fédération des cégeps, Gaëtan Boucher, affirme qu'il est «fort possible» que les collèges puissent bénéficier de ressources additionnelles l'an prochain. «C'est clair qu'il faut régler ça pour la rentrée scolaire 2011. Ça presse», lance-t-il.


«Débat de société»

Cet argent devrait servir à bonifier les services professionnels offerts aux étudiants - par l'embauche d'orthopédagogues ou de techniciens en éducation spécialisée, par exemple - plutôt que d'être concentré autour des enseignants, affirme M. Boucher.

La Fédération estime que les sommes consacrées par le Ministère sont insuffisantes, mais refusent pour l'instant de chiffrer les besoins. «On n'est pas encore rendu là, nous avons un comité qui se penche sur la question», a dit M. Boucher.

Quant à savoir jusqu'où il faut aller pour accommoder ces étudiants qui éprouvent des troubles d'apprentissage, la Fédération reste prudente sur la question. Il s'agit d'un «débat de société» qui découle de pratiques mises en place au secondaire, indique-t-on.

Le réseau collégial a d'ailleurs été confronté à différents types de demande d'accommodement récemment, un aveugle ayant été jusqu'à contester son refus en technique policière. «Chaque fois, il faut se demander si la demande est raisonnable», affirme M. Boucher.

Le président de la Fédération des cégeps était de passage au Soleil cette semaine pour faire connaître ses priorités de la rentrée. M. Boucher réclame le report de l'adoption du projet de loi 44 sur la gouvernance des cégeps, afin qu'il suive le même cheminement que le projet de loi sur la gouvernance des universités. La Fédération aimerait par ailleurs revoir de fond en comble les pratiques de la Commission d'évaluation de l'enseignement collégial et élargir l'offre de cours en formation continue. En Ontario, près de 290 000 adultes suivent une formation de niveau collégial, comparativement à seulement 23 000 au Québec.
 


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