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Mardi 12 octobre 2010 Numéro 645
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Paru le samedi 9 octobre 2010 sur Ruefrontenac.com

Sourcee
www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/education/28728-enseignants-extremes-phares-nuit-enfants

Enseignants de l’extrême, comme des phares dans la nuit d’enfants en difficulté
Nouvelles générales - Éducation
Écrit par Gabrielle Duchaine
Samedi, 09 octobre 2010 11:15
Mise à jour le Samedi, 09 octobre 2010 13:27

Ils travaillent avec les élèves les plus difficiles du système: ceux qui ont des troubles graves du comportement, des analphabètes complets et d’autres atteints d’un handicap physique ou intellectuel particulièrement lourd. Pourtant, ils se sentent mis de côté, oubliés, négligés par le réseau de l’éducation. Dans le cadre de la Semaine de l’école publique, Rue Frontenac a rencontré trois enseignants en classe spéciale particulièrement passionnés. Ils nous racontent leur travail, leurs frustrations et, bien sûr, leurs plus beaux succès.

«Ce qu’une journée d’école a de plus traditionnel chez nous, c’est l’horaire. À part ça, mon travail est bien loin de l’image qu’on se fait du prof avec sa craie devant le tableau», lance Jennifer Gagnon, enseignante à l’école Jean-Piaget, à Laval. L’établissement accueille des élèves aux prises avec des déficiences intellectuelles, des handicaps physiques lourds ou des troubles envahissants du développement.

Jennifer a à sa charge six jeunes âgés de 13 à 21 ans. Chacune de ses journées commence avec la période du déshabillage, les écoliers n’étant souvent pas capables de le faire seuls. Elle vide ensuite les sacs et les boîtes à lunch, lit les messages envoyés par les parents, puis se lance dans la période de la collation. «Juste de leur apprendre à boire au verre, c’est énorme, dit-elle. Ça paraît petit comme victoire, mais ça fait une grande différence dans la vie de l’élève et de celle de ses parents.»

Jennifer Gagnon, Mireille Richard et Grégoire Bergeron, des enseignants qui représentent des bouées de sauvetage pour plusieurs enfants en difficulté. Photos Chantal Poirier

Des succès comme celui-ci sont légion à l’école Jean-Piaget. Il y a quelques années, l’établissement a accueilli un enfant de cinq ans en fauteuil roulant. Il ne parlait pas. Deux ans plus tard, le petit parlait et marchait. «On avait tous les larmes aux yeux», se souvient la prof. Un autre a appris à regarder son enseignante lorsqu’il veut quelque chose. Il baisse les yeux sur le pictogramme qui illustre sa demande, puis lève le regard vers son enseignante. «Il communique», dit-elle.

Chaque petit pas fait la différence

Mireille Richard se nourrit elle aussi de petites victoires. Elle est titulaire dans une école spécialisée pour les enfants autistes de Montréal, l’école L’Étincelle. Le simple fait pour elle qu’un élève ne fasse pas de crise parce que son activité favorite est terminée est un véritable exploit.

«Les enfants autistes deviennent très anxieux quand ça manque de structure. Ils n’ont pas la même notion du temps que nous. Il peut arriver, par exemple, qu’un élève me demande si c’est l’heure de prendre le taxi pour rentrer à la maison alors qu’il vient tout juste d’arriver», explique-t-elle.

Elle utilise donc un système de pictogrammes pour illustrer la journée de chaque enfant. «Le matin, tout le monde vient voir son horaire. Ça les sécurise de découvrir que la collation, le repas ou le taxi y sont inscrits.»

Dans son petit groupe, les crises sont chose courante. Un enfant qui se roule en boule, un autre qui crie, qui mord ou qui frappe, Mireille Richard en voit de toutes les couleurs. «L’an dernier, j’avais un élève qui réagissait à tout. Il frappait, il pinçait dès qu’un jeu ou une activité était fini. À force de travailler et d’essayer de lui montrer une autre façon de se faire entendre, on a diminué les crises.»

Grâce à un système de feux de circulation, l’enfant est par exemple averti à l’avance qu’une activité va finir. «Son comportement a beaucoup changé. Il se déplace pour demander de l’aide au lieu de taper sur le bureau. Ses parents voient aussi une grande différence. Ils peuvent l’emmener à l’épicerie sans qu’il veuille tout acheter.»

Alternance travail-études

L’univers de Grégoire Bergeron est un peu différent. Il enseigne dans une école secondaire «normale», mais où près du tiers des élèves sont dans des classes spéciales dans lesquelles on envoie des adolescents qui souffrent de troubles d’apprentissage sérieux, de déficiences légères ou de troubles du comportement.

Le programme dans lequel il est titulaire en est un de formation préparatoire au travail. Durant trois ans, les jeunes se préparent à entrer dans le marché du travail. La première année est faite de simulations et de stages à l’école. La deuxième et la troisième sont séparées entre le travail et les études. Grégoire, qui œuvre en deuxième, passe donc trois jours en classe et deux jours à superviser ses protégés directement dans leur milieu de travail.

Des jeunes, il en voit passer de toutes sortes. «J’adapte mon enseignement pour eux. J’en ai quelques-uns qui ont peur des foules. Je les laisse dîner en classe, dit-il. Et je reste souvent après les cours pour en aider certains qui ont plus de difficulté.» Une habitude exigeante, mais c’est justement en gardant un élève trois soirs par semaine pour lui apprendre à lire qu’il est passé d’analphabète à employé dans un garage en l’espace de trois ans.

«Quand je l’ai récupéré, il ne savait pas lire. Il devinait un mot sur quatre. On a travaillé très fort et il s’est amélioré. Il a fait un stage chez Vitro-Plus et ils ont été tellement satisfaits qu’ils l’ont gardé.» Le garçon, qui avait 14 ans lors de sa première année avec Grégoire, avait réussi tout ce temps à se faufiler dans les mailles du système. «Quand il a commencé a déchiffrer les lettres, il était tout émerveillé d’arriver à lire le nom des rues, raconte l’enseignement, ému. Il a même accepté de lire devant la classe.»

Sous-estimés

Malgré la difficulté de leur travail, les trois enseignants se sentent laissés à eux-mêmes. «Les écoles spéciales ne sont pas assez valorisées. Tous leurs bienfaits sont sous-estimés, croit Jennifer Gagnon. Les parents veulent que leur enfant aille à l’école normale. Ils veulent qu’il soit comme les autres, alors qu’il serait bien mieux encadré dans un environnement spécialisé», explique sa collègue Mireille Richard.

«Avec la réforme, on a laissé croire aux gens que c’était mieux pour les élèves en difficulté d’être intégrés, alors que c’est faux, croit Grégoire Bergeron. Dans un environnement adapté, les jeunes peuvent enfin vivre des succès.»

Les parents, souvent réfractaires à l’idée d’envoyer leur enfant dans une école «différente», sont très heureux de l’avoir fait lorsqu’ils en découvrent les bienfaits, disent les enseignants.
 


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