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L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

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Jeudi 10 mars 2011 Numéro 687
Aujourd'hui en veille
Une nouvelle coalition pour revoir le modèle d'intégration à la classe ordinaire
L'Échec du plan d'accès en déficience intellectuelle à Montréal
L'AMEIPH commente les intentions de fusion des CRDI de Montréal
L'AQRIPH commente la mise en oeuvre des mesures touchant les services à domicile dans le bilan d'À part entière
L'AQESSS dénonce le manque de services de soutien à domicile pour les personnes âgées
Les Cégep de la Gapésie veut répondre aux besoins des élèves en difficulté qu'il accueille


Une nouvelle coalition pour revoir le modèle d'intégration à la classe ordinaire
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Paru le jeudi 10 mars 2011 sur CNW - Telbec

Source
http://www.cnw.ca/fr/releases/archive/March2011/10/c9656.html

Les élèves en difficulté : il est temps d'agir!
Mise sur pied de la coalition « Pour une intégration réussie »

MONTRÉAL, le 10 mars /CNW Telbec/ - La coalition « Pour une intégration réussie » qui voit le jour aujourd'hui vise à sensibiliser la population aux problèmes liés à l'intégration, telle qu'elle se pratique actuellement, des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), et à interpeller le gouvernement pour qu'il respecte ses engagements et apporte les correctifs à une situation devenue inacceptable. La coalition s'appuie sur une déclaration de principes énonçant, entre autres, que la responsabilité d'accueillir les élèves incombe à l'école, et non pas nécessairement à la classe ordinaire et que la décision d'inclure un élève à la classe ordinaire doit prendre en compte le meilleur intérêt de l'élève, mais aussi l'impact de sa présence sur la réussite des autres élèves.

Membres à l'origine de la coalition « Pour une intégration réussie »

Parmi les membres à l'origine de cette coalition, on retrouve l'Association des pédiatres du Québec,la Fédération autonome de l'enseignement, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), M. Gérald Boutin, professeur au Département d'éducation et formation spécialisées de l'UQÀM. Mme Marjorie Lévesque, mère de deux enfants présentant des difficultés d'apprentissage a tenu à être présente également au lancement de cette coalition « Pour une intégration réussie » car pour elle, « de l'aide par des spécialistes, ça n'existe plus et c'est inacceptable. Ces enfants devraient avoir droit à des services de dépistage précoce, des évaluations qui respectent un temps d'attente raisonnable, mais surtout, des services d'aide qui les motivent, leur redonnent confiance en eux et les aident à se créer une bonne estime de soi.»

L'Association des pédiatres du Québec, un organisme sans but lucratif voué à la promotion et à la défense de la pratique d'une médecine pédiatrique québécoise de la plus haute qualité, compte près de 600 membres. Cette association a toujours été préoccupée au premier chef par la défense des droits et des besoins des enfants du Québec, qui forment sa clientèle et constituent sa préoccupation majeure. La présidente de l'Association des pédiatres du Québec, la docteure Pascale Hamel, précise que « le pédiatre est souvent le premier intervenant à établir un diagnostic de troubles de développement ou de troubles de langage, et ce, souvent dès un très bas âge. Cependant, par la suite, faute de disponibilité, les services étant débordés tant au public qu'au privé, il y a plusieurs mois d'attente, voire une année même, avant que ces enfants puissent avoir accès à un traitement, ce qui fait en sorte que plusieurs n'ont toujours pas eu de traitements avant la rentrée scolaire! C'est pourquoi l'Association des pédiatres du Québec demande au gouvernement un investissement financier substantiel afin d'augmenter les services au préscolaire et au scolaire dans le traitement des enfants avec troubles de développement, de langage et scolaires afin d'assurer à tous les enfants du Québec les meilleurs soins possibles. Il en va de la santé de notre futur! »

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente quelque 32 000 membres soit le tiers du personnel enseignant au Québec du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes n'hésite pas à affirmer que ce dossier est prioritaire. Son président, Pierre St-Germain, lance un cri du cœur. « Ce dossier touche la mission même de l'École Publique et témoigne de la priorité que représente l'éducation pour la société. Il faut des ressources additionnelles pour répondre aux besoins de tous les élèves et pour soutenir efficacement les profs. Depuis une décennie, avec sa politique de l'adaptation scolaire, le gouvernement a donné priorité à la socialisation au détriment de la mission d'instruire. Cette façon de faire a compromis la réussite d'un grand nombre d'élèves et ajouté un énorme fardeau sur la tâche des enseignantes et des enseignants. L'intégration ne peut continuer comme elle se pratique actuellement. Elle ne peut surtout pas reposer sur les seules épaules des profs. L'inclusion en classe ordinaire ne doit pas être un dogme.»

Pour sa part, la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) qui représente près de 27 000 membres constate une hausse fulgurante du nombre d'étudiantes et d'étudiants du collégial éprouvant des troubles d'apprentissage, de déficit d'attention ou de santé mentale. Cette réalité touche de plus en plus les enseignantes et les enseignants qu'elle représente. « Nous voulons joindre notre voix à d'autres acteurs préoccupés par cette question pour réclamer la révision du modèle actuel d'intégration des élèves en difficulté, et ce, pour le bien de tous ceux qui fréquentent nos écoles et nos cégeps », a déclaré son président, Jean Trudelle.

Pour Gérald Boutin, professeur titulaire au Département d'éducation et de formation spécialisées de l'Université du Québec à Montréal, le débat concernant les modalités d'intégration des élèves HDAA dans le système éducatif a pris une tournure qui risque de nuire à la mission de l'école.

« La volonté d'imposer aux enseignants des classes ordinaires le fardeau de l'inclusion de tous les élèves en difficulté se révèle contreproductive. Effectivement, les élèves en grande difficulté d'apprentissage ou de comportement requièrent une aide, un soutien, que l'enseignant de telles classes n'est pas en mesure de leur accorder, du fait notamment de sa formation. On ne peut pas lui demander, en plus d'être enseignant, de jouer le rôle d'orthopédagogue, de psychologue ou de travailleur social », a précisé M. Boutin.

La coalition « Pour une intégration réussie » invite tous les organismes et toutes les personnes qui croient primordial de mettre en œuvre les conditions inhérentes à la réussite éducative de tous les élèves à joindre ses rangs en adhérant en ligne sur son site à l'adresse suivante www.pouruneintegrationreussie.org.


Renseignements:
Mme May Dagher
Directrice - Administration
Association des pédiatres du Québec
514 350-5127

M. Armand Dubois
Conseiller aux communications
Fédération autonome de l'enseignement (FAE)
514 666-7763, poste 296
514 910-1754 - cellulaire

Mme France Désaulniers
Conseillère aux communications
Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
514 219-2947

M. Gérald Boutin
Professeur titulaire
Département d'éducation et de formation spécialisées - Université du Québec à Montréal
514 987-3000 poste 3853#


Paru jeudi le 10 mars 2011 sur CNW-Telbec

Source
www.cnw.ca/fr/releases/archive/March2011/10/c9651.html.

Intégration des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage : un dossier prioritaire pour la FAE
La FAE, fière partenaire de la coalition « Pour une intégration réussie »

MONTRÉAL, le 10 mars /CNW Telbec/ - La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) est heureuse de s'associer à différents partenaires dans le cadre de la mise sur pied de la coalition « Pour une intégration réussie ». Cette coalition a pour objectifs de sensibiliser la population aux problèmes liés à l'intégration, telle qu'elle se pratique actuellement, des élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA) et de s'assurer que le gouvernement respecte ses engagements à l'égard des élèves en difficulté et des autres élèves. Cette coalition est ouverte à toute personne ou organisation qui adhère aux principes qu'elle met de l'avant.

Il est grand temps d'agir!

En 1995-1996, les États généraux sur l'éducation privilégiaient la poursuite du mouvement d'intégration des élèves HDAA en classe ordinaire, conditionnellement à l'existence, en amont, d'un processus d'identification des difficultés et des besoins des élèves et, en aval, des mesures et des services de soutien à déployer. Or, quinze ans plus tard, les constats sont alarmants, comme en ont témoigné plusieurs partenaires de l'éducation le 25 octobre dernier, lors de la Rencontre sur l'intégration des élèves handicapés ou en difficulté. En effet, l'application désordonnée de la politique de l'adaptation scolaire (1999), qui mise sur l'inclusion dans la classe ordinaire sans services adéquats des élèves en difficulté compromet leur intégration et a des impacts négatifs sur la réussite scolaire de tous les élèves. Cette situation crée, de plus, une pression indue sur les différents personnels encadrant ces élèves, affectant particulièrement la santé physique et psychologique, ainsi que la capacité d'enseigner du personnel enseignant. Ceci n'est pas sans conséquence sur la capacité de l'école publique à répondre à sa mission. Pour la FAE, il faut revoir le modèle actuel d'intégration, notamment en instaurant des mécanismes de prévention et d'intervention précoce qui, en permettant d'agir rapidement pour corriger les difficultés identifiées, constituent la clé de toute insertion scolaire et de la réussite éducative du plus grand nombre.

À l'instar des autres partenaires de la coalition « Pour une intégration réussie », la FAE croit qu'il est grand temps d'agir!

La FAE croit qu'on peut réellement surmonter les difficultés

« Soyons clairs! La FAE ne s'oppose pas à l'intégration. Nous considérons toutefois que la responsabilité d'instruire tous les élèves incombe à l'école comme institution, mais pas nécessairement à la classe ordinaire. Tout ne peut passer par la classe. Le premier ministre Charest affirmait lui-même en avril 2010 que " le temps est maintenant venu de s'interroger sur le modèle d'intégration appliqué et sur les résultats obtenus " et la précédente ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, reconnaissait qu'il y avait là des situations inhumaines.

Pour la FAE et de nombreux intervenants, l'intégration ne peut continuer comme elle se pratique actuellement et ne peut surtout pas reposer sur les seules épaules des profs », a déclaré le président de la FAE, Pierre St-Germain.

La FAE croit qu'on peut réellement surmonter les difficultés vécues depuis plus de dix ans par les élèves et par le personnel enseignant, mais qu'il faut une volonté politique de corriger le tir. Le gouvernement doit écouter la population. Un sondage1, rendu public l'automne dernier par la FAE, dévoilait que 97 % des parents souhaitaient que les enseignantes et enseignants aient davantage de soutien pour accompagner ces élèves. Plus récemment, à la suite de la vaste campagne publicitaire que nous avons lancée sur la situation des élèves en difficulté, un autre sondage2 effectué dans la grande région métropolitaine démontrait que 94 % de la population était d'accord avec le message véhiculé par ces publicités à l'effet que le gouvernement devrait aider davantage les élèves en difficulté. L'ajout de ressources est essentiel.

« La naissance aujourd'hui de cette coalition démontre que nous ne sommes pas les seuls à croire qu'il y a urgence d'intervenir. Le statu quo n'est pas acceptable et force plusieurs parents à payer les services au privé parce qu'ils ne sont pas présents ou suffisants à l'école. On ne peut plus continuer de la sorte et demeurer inactif. Adhérer à cette coalition, c'est exprimer à quel point les dossiers de l'intégration et de l'éducation nous tiennent à cœur. Il faut des ressources additionnelles pour répondre aux besoins de tous les élèves et pour soutenir efficacement les profs. À une semaine du dépôt du budget, le gouvernement a encore le temps de prévoir les sommes nécessaires pour donner à la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Mme Line Beauchamp, la marge de manœuvre financière qui lui permettra d'apporter de véritables correctifs », a ajouté Pierre St-Germain.

Passer de la parole aux actes

Au terme de la première rencontre avec les partenaires en éducation, le 25 octobre dernier, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a reconnu l'importance d'apporter des correctifs et a précisé que « l'échec n'est pas une option ». En joignant les rangs de la coalition, la FAE souhaite que le gouvernement passe de la parole aux actes et apporte les correctifs pour revoir le modèle d'intégration afin qu'il favorise la réussite éducative de tous les élèves.

Le soutien aux EHDAA passe par quatre grands axes d'intervention

La plateforme pédagogique élaborée par la FAE sur l'intégration des EHDAA propose plusieurs solutions pour parvenir à une intégration véritablement réussie, une approche rigoureuse basée sur l'expérience des enseignantes et des enseignants.

« Il faut mettre la priorité sur la prévention et l'intervention précoce. Cette approche permet de faire du dépistage et d'identifier les difficultés des élèves afin qu'ils reçoivent des services d'appui en fonction de leur réalité. Le choix d'intégrer un élève en difficulté ou de l'aider en classe spécialisée doit se faire en tenant compte des conditions préalables existantes. Ce choix doit être fait dans l'intérêt de tous les élèves et doit tenir compte de son impact sur les conditions d'exercice des enseignantes et enseignants concernés. Le gouvernement ne doit pas hésiter à faire de l'éducation, la priorité nationale, à valoriser et à investir dans l'École Publique. Il faut des actions concrètes. Pour ce faire, il lui faudra, entre autres, augmenter les budgets réservés aux services directs aux élèves afin de combler l'ensemble de leurs besoins. Le cri du cœur de cette coalition, c'est qu'il faut cesser de tergiverser et agir maintenant si on croit toujours au principe du respect de l'égalité des chances. Nous invitons toutes les personnes et tous les organismes qui partagent ce point de vue à apporter leur soutien à la coalition en y adhérant », a conclu M. St-Germain.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l'éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

 

1. Sondage Léger Marketing réalisé du 7 au 15 octobre 2010 auprès d'un échantillon représentatif de 501 parents d'enfants du préscolaire, du primaire ou du secondaire et fréquentant l'école publique.

2. Sondage Léger Marketing réalisé du 4 au 11 février 2011 auprès d'un échantillon représentatif de 1000 Québécois(es), âgé(e)s de 18 ans ou plus et pouvant s'exprimer en français.


Renseignements:

Source : Fédération autonome de l'enseignement
Renseignements :

Armand Dubois, conseiller aux communications
514 666-7763, poste 296 - bureau
514 910-1754 - cellulaire


Paru mercredi 9 mars 2011 sur CNW - Telbec

Source
www.ledevoir.com/societe/education/318371/eleves-en-difficulte-une-coalition-contre-l-integration-a-tout-prix

Élèves en difficulté - Une coalition contre l'intégration à tout prix
Des parents, des enseignants et des médecins s'unissent
Lisa-Marie Gervais 9 mars 2011 Éducation
Une coalition regroupant des enseignants, des parents, des professionnels du milieu de l'éducation, des syndicats et même des médecins spécialistes est en train de s'organiser dans le but de promouvoir l'intégration à géométrie variable des élèves handicapés et en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage (EHDAA), a appris Le Devoir. Le regroupement, qui prendra le nom de Coalition pour une intégration réussie, annoncera officiellement sa création demain lors d'une conférence de presse.

En plus de la Fédération autonome de l'enseignement, de la coalition Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), de parents et de quelques chercheurs universitaires qui s'y sont joints, la coalition peut compter sur un allié important dans le milieu de la santé, soit l'Association des pédiatres du Québec.

Rallier des membres qui ne font pas partie du réseau de l'éducation élargit considérablement la portée de la coalition, a soutenu une personne bien au fait de cette initiative mais qui désire garder l'anonymat. Car, au-delà des revendications des syndicats de l'éducation, le problème touche aussi le milieu de la santé. En ce sens, les médecins donnent du poids à la démarche.

Depuis la rencontre des partenaires qui avait rassemblé en octobre dernier tous les acteurs du réseau pour discuter de l'intégration des EHDAA, rien n'a réellement bougé, déplorent certains membres de la coalition. La ministre de l'Éducation avait clôturé la rencontre en reconnaissant que l'idée d'une intégration à tout prix ne faisait pas l'objet d'un consensus. L'idée de mettre à contribution les ressources des écoles privées avait aussi été mise de l'avant.

Le dernier règlement de la convention collective avait aussi prévu la mise sur pied d'un comité paritaire pour discuter de l'intégration des enfants en difficulté. Menés à deux tables de négociation — la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) n'est pas assise à la même table que la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec — les travaux n'ont pas débouché sur une entente avec la partie patronale. Si l'impasse se poursuit, un conciliateur devra se joindre aux discussions pour ensuite faire lui-même des recommandations à la ministre, au plus tard le 1er juin.

Retour aux classes-ressources?

Il y a à peine deux semaines, la ministre de l'Éducation a confirmé au Devoir son intérêt pour «d'autres modèles» d'intégration. «Je ne suis pas une partisane de l'intégration à tout prix. Je crois que parfois, au bénéfice de l'enfant, le parent doit apprendre à faire le deuil. Il faut continuer à parler de la classe spécialisée», a indiqué Line Beauchamp.

Elle s'est montrée ouverte à discuter des principaux enjeux qui avaient été exprimés lors de la rencontre d'octobre et à revoir la composition de la classe et la notion de contrainte excessive. «L'autre notion était celle de l'organisation pédagogique autour de ça, comme la mise sur pied, dans une école, de classes de répit et de classes-ressources», a soutenu la ministre. «Je n'ai pas vraiment l'impression qu'on l'a vraiment essayé. Pas à très grande échelle, en tout cas.»

Ces modèles d'intégration à géométrie variable ont beaucoup de sens, estime Gérald Boutin, professeur au Département d'éducation de l'UQAM et spécialiste réputé sur la question des enfants en difficulté. Entre l'intégration traditionnelle ou «raisonnée», c'est-à-dire selon des critères bien précis, et l'intégration totale ou à tout prix, il y a peut-être un juste milieu. «Des gens continuent de militer en faveur d'une inclusion totale et de faire de la classe ordinaire le saint des saints. Mais, moi, je dis qu'on peut moduler cette classe-là, on peut être dans une classe-ressource», a soutenu le chercheur.

Joint par téléphone, M. Boutin a confirmé son intention de se joindre à la Coalition pour une intégration réussie. «Les enseignants n'en peuvent plus. Et il faut reconnaître que des enfants seraient bien plus heureux dans des classes où on répondrait mieux à leurs besoins. Moi, je dis: soyons attentifs aux véritables besoins de l'enfant. Je m'engage pour ça. Je ne défends pas d'autres idéologies», a dit le chercheur qui a coécrit Inclusion ou illusion? Élèves en difficulté en classe ordinaire: défis, limites et modalités. «Les jeunes ont besoin d'une classe sereine. Un enfant qui a le syndrome de la Tourette est plus bruyant. Et il est malheureux, car il sait qu'il dérange tout le monde. Il y a des limites à faire une intégration sauvage.»

L'identité de tous les membres de la coalition sera annoncée demain. Mais les instigateurs du regroupement viseront à rallier à leur cause le plus grand nombre possible de partenaires.
 


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