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Mardi 1er mai 2012 Numéro 770
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L'accessibilité des métrobus à Québec représente la liberté mais aussi des défis
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Paru le lundi 30 avril 2012 sur La Presse.ca/Le Soleil

Source :

www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201204/29/01-4520134-lautobus-en-fauteuil-roulant-independance-et-obstacles.php


L'autobus en fauteuil roulant: indépendance et obstacles


Annie Morin
Le Soleil
 

(Québec) Chaque fois qu'il embarque dans un Métrobus, Christian Dufour a sa carte à puce dans la bouche et un sourire en coin. Bien assis dans son fauteuil roulant, il va et vient à sa guise entre de nombreux attraits de la ville, une liberté autrefois réservée aux usagers du transport en commun qui peuvent s'appuyer sur leurs deux jambes. «C'est pété!» dit-il sur le ton d'un ado qui savoure son indépendance.


Le chemin de la liberté n'est pas dépourvu d'obstacles pour autant. De sa demeure dans le Vieux-Québec, M. Dufour doit rouler entre quatre et huit minutes pour atteindre un arrêt accessible. Il faut dire que les parcours Métrobus 800 et 801 sont les seuls, pour l'instant, à être systématiquement desservis par des autobus articulés munis de plateformes dépliantes pour les fauteuils roulants.

N'empêche, cela permet à notre homme de visiter sa mère, qui habite à Sainte-Foy, de faire ses courses et d'aller au cinéma, entre autres. Comme il n'y a pas d'arrêt devant chaque porte, il doit souvent «faire un bout à pied», comme il le dit si bien lui-même, avant d'arriver à destination.

«Pardon madame [ou monsieur], pouvez-vous m'aider?» Cette petite phrase, M. Dufour doit la prononcer chaque fois qu'il s'apprête à entrer dans l'autobus. Quadriplégique, donc incapable de se servir de ses mains, il demande à des passants de sortir son laissez-passer de son porte-monnaie, qu'il garde près de lui.


C'est avec sa bouche qu'il prend possession de la petite carte bleu et orange, qu'il doit passer devant le lecteur de puce, toujours trop haut pour lui. Une fois installé dans l'espace prévu pour accueillir les fauteuils roulants, à l'avant de l'autobus, là où les sièges se replient, à la droite du chauffeur, il demande à un autre bon Samaritain de ranger sa carte OPUS.

Et que le voyage commence! Nous avons fait le trajet aller-retour entre la colline parlementaire et l'Université Laval en compagnie de Christian Dufour. Pour constater la facilité d'utilisation des plateformes, la courtoisie des chauffeurs et celle des usagers aussi. Certains paraissent étonnés de cette présence inhabituelle. «Les gens ne sont pas habitués ici. Mais à Montréal et Toronto, c'est de l'ordinaire», fait remarquer notre guide, qui avait déjà testé la formule en voyage.

Entre le 18 juin, date à laquelle le service a été lancé à Québec, et le 31 décembre, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) a comptabilisé environ un millier de passages en fauteuil roulant dans ses Métrobus. C'est peu si l'on considère que le Service de transport adapté de la capitale (STAC) organise jusqu'à 3000 déplacements par jour.

«Je ne comprends pas que ça ne soit pas plus populaire», lance Christian Dufour. Il attribue au territoire desservi une partie du problème : plusieurs personnes handicapées n'habitent pas nécessairement à proximité d'un arrêt accessible. Sous la pluie ou dans la neige, chaque mètre à franchir peut devenir une épreuve. La fréquentation a d'ailleurs considérablement baissé cet hiver et tend à reprendre avec le retour du beau temps.

Apprendre à improviser

L'autre facteur est psychologique, analyse M. Dufour. Avec le transport adapté, les gens embarquent dans «un mode de comportement», dit-il. Les sorties doivent être planifiées à l'avance et l'autobus mène les clients d'une porte à l'autre, non sans faire plusieurs détours pour faire monter et descendre d'autres usagers. Il y a un grand sentiment de sécurité parce que tout le monde se connaît, mais pas de place pour l'improvisation.

«Un beau jour, le dentiste t'appelle pour dire que ton rendez-vous est déplacé ou quelqu'un t'invite à aller au cinéma le soir même. Tu penses d'abord que c'est impossible. Puis tu te réveilles : je peux!» relate notre accompagnateur, heureux de rencontrer des gens «sans limitation» à bord.

L'offre et la demande

Comme c'est souvent le cas dans le transport en commun, le développement de l'offre devrait stimuler la demande de plateformes dépliantes pour les fauteuils roulants. Au fur et à mesure que le Réseau de transport de la Capitale (RTC) renouvelle sa flotte, les autobus sont équipés du fameux outil. Le problème, c'est que ces véhicules ne sont pas attitrés à des routes précises, exception faite des articulés du 800 et du 801.

Quand suffisamment d'autobus et d'arrêts seront accessibles aux fauteuils roulants, le RTC promet d'en aviser sa clientèle. Il y a de fortes chances que les parcours Métrobus 802 et 803 soient les prochains à les accueillir, indique Carole Brousseau, porte-parole du RTC.

Cette dernière dresse un portrait positif de l'expérience entamée en juin. Un sondage mené dans Internet auprès des principaux intéressés confirme qu'ils apprécient le service, utilisé surtout les fins de semaine et pour les loisirs. Il reste toutefois à faire de la sensibilisation auprès des usagers pour qu'ils cèdent leur place dans la zone réservée aux fauteuils roulants. D'après ce que nous avons constaté dans l'autobus, les esprits sont mûrs.
 


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