::  L'inclusion imagée
::  L'historique
::  La mission
::  Le contenu
::  Un mot sur l'équipe
::  Pour diffuser dans l’Inclusif
::  Contribution volontaire
::  Contactez-nous
L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

Recevoir l’Inclusif :

Se désabonner de l’Inclusif :

Rechercher par date :

:: Dernier numéro :: 2016
:: 2015 :: 2014
:: 2013 :: 2012
:: 2011 :: 2010
:: 2009 :: 2008
:: 2007 :: 2006
:: 2005 :: 2004
:: 2003
:: À voir, à faire
:: Documents de l'inclusif

Rechercher un lien :

:: Autres médias sur le handicap
:: Organismes publics
:: Habitudes de vie
:: Milieu associatif
:: Pages persos
 

 
Mardi 6 novembre 2012 Numéro 805
Aujourd'hui en veille
Controverse sur la méthode Toyota dans les services à domicile à Montréal
Reportage de La Presse sur l'escouade d'intervention en santé mentale du Service de police de la Ville de Montréal
La FSSS-CSN rencontre Jean-François Lisée pour discuter de la prestation de services psychosiaux aux anglophones de l'est de Montréal
Le Regroupement des aidants naturels du Québec réclame de meilleurs services de répit partout au Québec
Une nouvelle ligne téléphonique pour les proches aidants
Nouvelle chaire de recherche sur l'autisme
Invitation à assister au départ de l'équipe du projet La dyphadie au-délà du sommet


Controverse sur la méthode Toyota dans les services à domicile à Montréal
»» retour en haut

Paru le samedi 3 novembre 2012 sur La Presse.ca/La Presse

Source :
www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201211/03/01-4590068-soins-a-domicile-tolle-contre-la-methode-toyota.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_sante_562_section_POS4

Soins à domicile: tollé contre la méthode Toyota

Sara Champagne
La Presse

L'implantation de la fameuse méthode Toyota dans les soins à domicile à Montréal par une firme privée est en train de mener au bord de la crise de nerfs infirmières, travailleurs sociaux et ergothérapeutes. Et elle est en voie de coûter une petite fortune au réseau de la santé dans un contexte de restrictions budgétaires, a appris La Presse. Le nouveau ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert, s'est d'ailleurs engagé à demander des comptes aux centres de santé qui sont en train d'implanter la méthode.

À Montréal, une douzaine de Centres de la santé et des services sociaux (CSSS) ont récemment approuvé des contrats avec une firme privée pour une somme d'au moins 12 millions de dollars. Les honoraires atteignent jusqu'à 27 540$ par semaine (excluant les taxes), pour une période allant jusqu'à 35 semaines, a-t-on constaté.

Cette firme, nommée Proaction, a été fondée en 2004 et a d'abord imposé sa cadence dans le domaine manufacturier. Ses fondateurs n'avaient jamais mis les pieds dans un hôpital ou dans un centre de santé avant 2009. Pourtant, la compagnie a décroché nombre de contrats à Montréal, pour offrir du soutien aux gestionnaires et implanter des outils de performance, mais également dans le reste du Québec, entre autres dans des blocs opératoires de Sept-Îles.

«À l'heure actuelle, plusieurs employés sont épuisés, en détresse psychologique et physique. Et quand on tente de dénoncer la situation, c'est perçu comme un signe de faiblesse; on a peur des conséquences», a raconté une intervenante sociale du CSSS Canvendish. La dame a préféré garder l'anonymat de peur de représailles, mais comme une douzaine d'infirmières, de travailleurs sociaux et d'ergothérapeutes avec qui La Presse s'est entretenue, est outrée par la situation.

Le président-directeur général de Proaction, Denis Lefebvre, a précisé que deux mandats sont terminés au CSSS de Verdun et de la Pointe-de-l'Île et que 10 autres sont en cours. Même si le site internet de l'entreprise indique clairement que l'approche «Lean manufacturing» est employée, le terme usuel pour désigner la méthode Toyota, le dirigeant a affirmé qu'il ne «fait pas du Toyota ou du Lean.»

«En 2009, on a effectué 30 visites dans les CSSS pour un total de 13 000 heures d'études visant à implanter notre coaching, a-t-il expliqué lors d'un entretien avec La Presse. On a constaté deux éléments: le personnel ne passe que de 30 à 40% de son temps auprès des bénéficiaires, et le reste de son temps en déplacement, dans des réunions, ou à remplir de la paperasse. On a constaté qu'il n'y a pas un manque de volonté de la part des infirmières ou des travailleurs sociaux. Mais il y a une faiblesse du côté des gestionnaires qui n'ont pas été formés à la base pour gérer du personnel.»

30 minutes pour un décès

Selon ce qu'a pu constater La Presse, la méthode de Proaction se base largement sur la création d'une grille de «planification et de réalisation» sur laquelle tous les actes, allant de l'administration d'un gavage à une intervention psychosociale, sont minutés. Cette grille est mise au point par un comité interne formé de quelques employés triés sur le volet. Par exemple, le lavage d'une oreille par une infirmière devrait prendre 15 minutes. Deux oreilles: 20 minutes. Un soin de plaies simple ne devrait pas prendre plus de 15 minutes. On a prévu un temps de 30 minutes pour un suivi «post décès».

Sur le terrain, on va même jusqu'à dire aux ergothérapeutes ne pas intervenir auprès des patients en cas de détresse psychologique, et de transférer la tâche au travailleur social pour gagner du temps, a observé La Presse. Si un employé n'a pas été en mesure d'effectuer sa tâche dans les délais prescrits, il doit en expliquer les motifs à un haut syndiqué.

«Ce haut syndiqué est forcé d'agir comme «porte-panier», et d'aller rapporter nos erreurs de minutage aux supérieurs», a précisé une intervenante sociale. Elle a insisté pour dire que le patient n'est pas un produit, et qu'elle est désolée pour eux.

Informé de la situation par La Presse, le ministre de la Santé, le Dr Réjean Hébert, s'est dit «préoccupé» et entend exiger de l'information au sujet de la méthode de Proaction. «À mon sens, ce n'est pas du tout la méthode Lean qui consiste à s'asseoir avec le personnel des unités de soins, et à ensuite mettre en place un projet-pilote pour en vérifier l'efficacité. C'est la qualité de l'intervention auprès du patient qui doit être priorisée. Je pense que plutôt que de faire appel à des firmes extérieures, il faudrait développer l'approche à l'interne.»

La Presse.ca/La Presse 3 novembre 2012
 
Source :
www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201211/03/01-4590072-travail-a-la-chaine-avec-les-malades.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4590068_article_POS2  

 

Travail à la chaîne avec les malades

Sara Champagne
La Presse

«Ça fait 14 ans que je fais des soins à domicile en tant qu'infirmière clinicienne dans Montréal-Nord. La clientèle est lourde, démunie. Je peux vous dire que j'ai vu des restructurations de toutes les couleurs dans ma carrière. Mais je n'ai jamais rien vécu de tel. Je suis traitée comme une enfant, nous sommes infantilisés. J'ai l'impression de travailler sur une chaîne de montage de conserves de tomates», a raconté, la voix étranglée, une infirmière bachelière qui a demandé à ce qu'on ne révèle pas son identité.

Elle a expliqué que les patients paient un fort prix pour l'implantation de la méthode Proaction. «Je suis obligée de leur dire que je n'ai que 15 minutes à leur accorder. Je n'ai plus le temps de leur parler. J'ai constamment peur de me faire taper sur les doigts. J'ai une collègue qui a demandé une mutation de poste tellement c'est devenu invivable.»

 

Cette infirmière, comme une douzaine d'intervenants en santé à qui La Presse a eu l'occasion de parler, affirme que les directions des centres de santé ont coupé dans les heures de bains pour augmenter l'efficacité de leurs interventions. «Nous avons maintenant une liste d'attente pour que nos bénéficiaires obtiennent un bain une fois par semaine, a déploré l'une d'elles. C'est inhumain. J'en ai un présentement qui souffre de plaies au siège et il est sur la liste d'attente.»

Un intervenant social de Notre-Dame-de-Grâce a pour sa part expliqué que son équipe a bien essayé d'obtenir des changements, de faire réaliser à la direction que la grille n'est pas un bon outil. «On nous a dit qu'on en prenait bonne note, dit-il. Les mois ont passé, et on nous a annoncé que la grille serait désormais à l'horizontale au lieu d'être à la verticale. Mais c'est la même maudite grille.»

 

L'Agence de santé et des services sociaux de Montréal, qui doit en principe approuver les contrats signés par les CSSS, n'a pas répondu à la demande de renseignements de La Presse. Dans les différents CSSS, les directions n'ont pas commenté. Chez Proaction, le dirigeant, M. Lefebvre, parle «d'une résistance au changement» de la part du personnel, dans un contexte «de courbe émotionnelle» à la hausse.
 


»» retour à liste des articles
 
 
Conception site Web: www. graphigne.com tous droits réservés © 2017 l'inclusif