::  L'inclusion imagée
::  L'historique
::  La mission
::  Le contenu
::  Un mot sur l'équipe
::  Pour diffuser dans l’Inclusif
::  Contribution volontaire
::  Contactez-nous
L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

Recevoir l’Inclusif :

Se désabonner de l’Inclusif :

Rechercher par date :

:: Dernier numéro :: 2016
:: 2015 :: 2014
:: 2013 :: 2012
:: 2011 :: 2010
:: 2009 :: 2008
:: 2007 :: 2006
:: 2005 :: 2004
:: 2003
:: À voir, à faire
:: Documents de l'inclusif

Rechercher un lien :

:: Autres médias sur le handicap
:: Organismes publics
:: Habitudes de vie
:: Milieu associatif
:: Pages persos
 

 
Mardi 18 juin 2013 Numéro 850
Aujourd'hui en veille
Un architecte de Québec s'intéresse à l'accessibilité universelle depuis 30 ans
La réalisation d'un projet de construire une maison complètement adaptée
Un premier jardin communautaire accessible à Montréal
Claudette Langlois-Latulippe travaille auprès des personnes ayant des incapacités depuis 40 ans
La passion d'une chorégraphe en danse contemporaine atteinte de sclérose en plaques
Un salon pour l'emploi des personnes ayant des incapacités à Moncton
Article sur la suppléance à la communication orale et écrite dans The Globe and mail (art. anglais)


Un architecte de Québec s'intéresse à l'accessibilité universelle depuis 30 ans
»» retour en haut

Paru le samedi 15 juin 2013 sur La Presse.ca/Le Soleil

Source:
www.lapresse.ca/le-soleil/maison/habitation/201306/13/01-4661090-accessibilite-universelle-construire-pour-lui-moi-elle-et-lautre.php

Accessibilité universelle: construire pour lui, moi, elle et l'autre
Alfred Martel, architecte retraité de la Ville de... (Le Soleil, Erick Labbé)

Le Soleil, Erick Labbé
Ma Presse

La clé du déménagement: l'organisation

Alexandra Perron
Le Soleil

(Québec) Les personnes en fauteuil roulant ont un ennemi juré : les marches. Celles qui ont un problème d'audition craignent la réverbération, qui les affole et peut les rendre inopérantes. Celles qui voient mal sont incommodées par de grandes surfaces vitrées, par l'éblouissement dû à un éclairage trop intense ou à des matériaux qui réfléchissent la lumière. Avec le vieillissement de la population, elles seront de plus en plus nombreuses à souffrir de ces irritants.

Alfred Martel, architecte retraité de la Ville de Québec, s'intéresse au dossier depuis une trentaine d'années. Il est un ex-membre de la Table de concertation pour l'accessibilité universelle. Il a même participé à une demi-journée de formation auprès des architectes de l'amphithéâtre pour les sensibiliser à tous ces détails qui font une différence dans la vie des personnes vivant avec des incapacités.

«Le but est que ces gens, tous handicaps confondus, aient une vie sociale. Nous, on peut agir sur les facteurs environnementaux.» Bien important, la chaîne de déplacement doit fonctionner de A à Z, dit-il. «Si à la lettre B il y a un problème, si les escaliers ne sont pas signalisés dès le départ, ça ne marche pas. L'accessibilité, c'est une multitude de détails dont aucun ne doit être laissé au hasard.»

En 30 ans, il remarque que les choses évoluent tranquillement. «Les mentalités sont dures à changer.» Ça le choque toujours de voir que la porte accessible est souvent à l'arrière ou sur le côté, «là où on sort les vidanges».

Il y a aussi ce «préjugé» que «ça va coûter plus cher». Ce à quoi M. Martel rétorque : «Oui, si c'est mal fait dès le départ.» «C'est toujours moins cher d'inclure des mesures d'accessibilité dès la construction. Par exemple, de construire un bâtiment près de la rue, qui ne demandera pas de rampe.»

Dans une lettre envoyée au Soleil et publiée en ligne (www.lapresse.ca/le-soleil/, onglet Opinions), il rappelle qu'en 2010, les Mérites d'architecture de la Ville de Québec intégraient une nouvelle catégorie appelée Accessibilité universelle. Or, l'an dernier, le comité spécial chargé de décerner la mention auquel siégeait M. Martel n'a rien pu remettre. «Il manquait toujours un petit quelque chose.»

«On s'est séparé la tâche, on est allé voir les projets sur place pour constater que des choses n'avaient pas d'allure.» Par exemple, un bâtiment avait une rampe d'accès, mais le trottoir tout autour n'avait aucune descente. Lui et ses collègues ont aussi vu des stationnements réservés, mais trop loin, d'autres signalés uniquement au sol, ce qui est un non-sens en hiver.
À quoi sert une belle rampe d'accès si... (Photo Alfred Martel) - image 2.0

Agrandir

À quoi sert une belle rampe d'accès si les trottoirs autour n'offrent aucune descente? demande Alfred Martel, qui a pris cette photo d'une garderie.

Photo Alfred Martel

Même le grand gagnant de la cuvée 2012, le pavillon des arts du Cégep de Sainte-Foy, n'a pas rempli tous les critères. «Il y a tout autour des talus [pentes dans un aménagement paysager] qui présentent un risque de chute pour le non-voyant et un danger pour les personnes en fauteuil roulant l'hiver. Ça aurait pris un petit garde-corps.»

Le soir de la remise des prix des Mérites 2012, Alfred Martel avait préparé une lettre pour expliquer la décision du comité. «Elle disait un peu : "Forcez-vous!" Comme dans les galas d'artistes où certains gagnants font des récriminations.» Selon lui, il y avait moyen de souligner la chose, même avec humour. Mais rien, la mention a simplement été enlevée. «On a tenu ça mort. Ça aurait pourtant été justifié.»

Comme architecte, lui a travaillé à l'accessibilité de bâtiments administratifs, du stade municipal, de pavillons d'accueil dans les parcs.

En 2003, toujours dans le cadre de la Table de concertation, il cosignait le Guide pratique d'accessibilité universelle de la Ville, un manuel d'utilisation pour les architectes, ingénieurs, techniciens, designers, promoteurs, entrepreneurs, arrondissements, simples citoyens... «On sentait l'importance d'informer.»

Avec cinq autres coauteurs (un architecte du paysage, une personne de la division du transport, une ergothérapeute spécialisée en déficience motrice, une spécialiste en déficience visuelle et une autre en déficience auditive), ils ont mis quatre ans à concocter la première mouture. Une mise à jour a été faite en 2010. «À la suite de la parution du document, on a fait de la formation. Mais le plan de communication ne s'est pas rendu à terme. Un bon document sans publicité, c'est zéro», se désole-t-il. Avis aux intéressés, il est offert en ligne, ainsi que dans tous les bureaux d'arrondissement et à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec.
Le pavillon des arts du Cégep de Sainte-Foy,... (Photo Stéphane Groleau) - image 3.0

Agrandir

Le pavillon des arts du Cégep de Sainte-Foy, notamment lauréat du prix du public aux Mérites d'architecture de la Ville en 2012, n'a pas rempli tous les critères d'accessibilité. Si une rampe permet l'accès au bâtiment, les talus tout autour présentent un risque de chute pour le non-voyant et un danger pour les personnes en fauteuil roulant l'hiver. Il aurait fallu un garde-corps, souligne Alfred Martel.

Photo Stéphane Groleau

Traduire des besoins en solutions

Société Logique, un organisme à but non lucratif fondé en 1981 par des personnes ayant des limitations fonctionnelles, a une mission : créer des lieux, des bâtiments où tout le monde évolue librement et en sécurité.

«Nous, on fait la traduction des besoins en solutions architecturales», indique Sylvie Quintin, architecte consultante pour l'organisme. Si son travail se concentre sur l'accessibilité universelle au sens plus large, elle fait aussi de l'adaptation de domicile. «Là, on est rendu dans quelque chose de plus pointu», des solutions cas par cas pour un individu ou un groupe d'individus.

Sur le site de Société Logique, des fiches techniques donnent les lignes directrices de conception en accessibilité universelle notamment pour les résidences unifamiliales, les immeubles d'habitation avec ascenseur, sans ascenseur. Quelle largeur devrait avoir l'ouverture d'une porte, sans empiétement de la quincaillerie pour laisser passer un fauteuil roulant? Quel genre de matériaux utiliser au sol? Quelle aire de manoeuvre prévoir dans le vestibule, la salle de bain, la cuisine? Le tout détaillé en millimètres.

Mandat d'informer

L'organisme se donne aussi pour mandat d'informer sur les fournisseurs, les installateurs d'équipements spécialisés. Sur les programmes d'aide financière. Sur la réglementation en vigueur au Québec et plus particulièrement sur les exigences du Code de construction en matière de conception sans obstacle. Actuellement, les normes d'accessibilité s'arrêtent à la porte du logement dans le cas des gros bâtiments, précise l'architecte. «Je peux vous dire qu'il y aura bientôt un changement de réglementation. Il y aura des notions d'accessibilité à l'intérieur.» On peut peut-être penser aux critères de grandeur pour les cuisines.

Sylvain Quintin croit que les promoteurs ont tout intérêt à intégrer des notions d'accessibilité. «Ils peuvent en faire un outil de marketing : voilà un logement où vous pourrez rester.» Car le manque d'accessibilité est souvent ce qui fait partir les gens. «C'est triste.»
Les personnes en fauteuil roulant ont un ennemi juré : les marches. Celles qui... - image 4.0

Agrandir

En un mot: accessibilité universelle

Possibilité d'accéder aux espaces publics, aux bâtiments et aux aménagements extérieurs, de s'orienter et de s'y déplacer sans obstacle et de façon sécuritaire. Accéder aux équipements d'information, de signalisation et de communication, ainsi qu'à tous les services, en toute autonomie.

Le chiffre: 33%

Proportion de Québécois de 15 ans et plus touchés par une incapacité de longue durée (six mois ou plus). On parle ici de difficultés d'audition, de vision, de parole, d'agilité, de mobilité, de mémoire, d'apprentissage, de limitations intellectuelles et psychologiques.

Source : Enquête québécoise sur les limitations d'activités, les maladies chroniques et le vieillissement 2010-2011, publiée au printemps par l'Institut de la statistique du Québec

Quelques liens utiles

- Guide pratique d'accessibilité universelle de la Ville de Québec : www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/propriete/amenagements_adaptes.aspx

- Programme d'adaptation de domicile : www.habitation.gouv.qc.ca/fileadmin/internet/documents/depliant_pad.pdf

- Office des personnes handicapées du Québec : www.ophq.gouv.qc.ca

- Société Logique : www.societelogique.org

- Action-Habitation : www.actionhabitation.qc.ca

 


»» retour à liste des articles
 
 
Conception site Web: www. graphigne.com tous droits réservés © 2017 l'inclusif