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L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

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Mercredi 16 octobre 2013 Numéro 867
Aujourd'hui en veille
Dénonciation de l'offre de services inadéquate pour les personnes ayant une déficience intellectuelle
AISQ rappelle qu'un retour vers l'institutionnalisation n'est pas une solution
la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec affirme que ce n'est pas leur travail de prendre en charge les personnes ayant une déficience ntellectuelle
Un père dénonce que son fils de 22 ans soit hébergé en CHSLD
Manque de contrôle sur la qualité des services offerts dans les ressources intermédiaires
Kéroul déplore l'absence d'enjeux liés au handicap dans les élections municipales
Élections municipales à Montréal: le RAAMM rappelle l'importance de maintenir l'interdiction du VDFR
Inauguration des nouveaux locaux de l'école Vanguard
Semaine de sensibilisation au TDAH: le CADDAC publie un document sur les conséquences du TDAH sur l'économie canadienne
Augmentation du nombre de personnages ayant des incapacités dans les séries télévisés aux USA (Art. anglais)


Dénonciation de l'offre de services inadéquate pour les personnes ayant une déficience intellectuelle
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Paru le mardi 15 octobre 2013 sur La Presse.ca/Le Soleil

 Source :
www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201310/14/01-4699592-deficience-intellectuelle-cas-lourds-transferes-dans-des-milieux-inadequats.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO2_quebec_canada_178_accueil_POS2


Déficience intellectuelle: cas lourds transférés dans des milieux inadéquats

 

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

 

(Québec) Sans voix, ils vivent avec une déficience intellectuelle importante. Depuis la «désins», nous ne les envoyons plus dans les «asiles»; il appartient au réseau public de réadaptation de les prendre en charge... Pourtant, plusieurs d'entre eux ont été déportés dans des résidences privées inadéquates où ils n'ont pas reçu les services requis, ce qui les met en danger, a constaté Le Soleil.


La situation est si préoccupante que Québec vient de rappeler ses troupes à l'ordre : depuis une semaine, un moratoire interdit à tous les Centres de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) de transférer leurs usagers.

«Il y a certaines situations problématiques qui ont été portées à notre attention», nous confirme Laurie Comtois, attachée de presse de la ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon.

Afin d'éviter que «ça se reproduise», le sous-ministre vient d'envoyer un avertissement dans toutes les régions. Jusqu'à nouvel ordre, il est donc proscrit d'envoyer les pensionnaires vers le privé afin de libérer des places dans les résidences du réseau public de réadaptation en déficience intellectuelle. Québec veut ainsi s'assurer que les personnes sous son aile reçoivent les soins auxquels elles ont droit. Des soins nécessaires pour les aider à dompter leurs démons.


Des usagers qui requièrent un suivi «hyperspécialisé» sont logés dans des résidences privées où le personnel n'est pas outillé, déplore l'éducateur spécialisé Jean-Michel Lefebvre, président du syndicat qui représente les quelque 500 professionnels et techniciens du CRDI de Québec. Des employés de l'État se rendent dans ces «ressources intermédiaires» pour soutenir les «clients», mais les milieux ne seraient pas appropriés au traitement. «On ne place plus les gens selon leurs besoins.»

Certains régressent, perdent leurs acquis, avance M. Lebebvre. D'autres explosent, mettant en danger leur entourage; parfois, des propriétaires appellent les policiers, ne sachant plus à quel saint se vouer. Les histoires de sang, de murs brisés, d'automutilation, d'excréments ingérés se bousculent dans son discours émotif.

«Ce sont des cas lourds. C'est sensiblement la même clientèle qu'on avait en institution [avant la désinstitutionnalisation].» Il se vante de connaître la musique, lui qui aurait bossé 17 ans à l'Institut universitaire en santé mentale (hôpital Robert-Giffard) avant d'investir neuf autres années du côté de la réadaptation. Selon lui, ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver au privé, alors que leur état exige un accompagnement plus serré.

«Ça compromet la réadaptation des personnes», blâme Philippe Crevier, conseiller à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). «Il y a des drames humains à cause d'une vision bureaucratique.»

«C'est une erreur flagrante», appuie le vice-président exécutif de la FSSS, Guy Laurion. «Il y a des coûts humains, des coûts financiers.»

Voilà une opération syndicale pour sauver des emplois perdus au profit du secteur privé, pensez-vous? Le moratoire national décrété par le Ministère confirme cependant le malaise. «La volonté, c'est de bien encadrer le développement de ces ressources-là», précise Laurie Comtois, l'attachée de presse de la ministre Hivon. Les services offerts dans ces entreprises sous contrat avec les CRDI ne suffisent pas pour une partie des usagers qui s'y trouvent.

Le CRDI de la capitale corrobore : «On ne le nie pas. [...] Il faut améliorer nos milieux, c'est un fait.»

Rencontrée par Le Soleil, la directrice générale adjointe à la clientèle et à la performance, Marlène Chevanel, préfère parler de «défis» à relever plutôt que de «problèmes». Quoi qu'il en soit, la situation est assez critique pour que son conseil d'administration ait statué que le dossier est une «priorité organisationnelle».

Désinstitutionnalisation

Qu'est-ce qui cloche pour qu'on en soit arrivé là? Autour de 2003-2005, le réseau de la santé a entrepris une ultime phase de «désinstitutionnalisation». Il a donc référé aux centres de réadaptation en déficience intellectuelle du Québec les usagers qui avaient besoin d'un encadrement. On a ouvert des résidences publiques de petite taille où ils sont escortés par des éducateurs spécialisés, épaulés par des psychologues; ce sont des résidences à assistance continue (RAC), selon la sémantique étatique. Le personnel est prêt à agir 24 heures sur 24. Jusqu'ici, pas de problème.

Les CRDI financent aussi des centaines de «ressources» privées, où sont logés et nourris les «clients». Normalement, ils y sont transférés lorsque leur état le permet, lorsqu'ils sont plus autonomes, lorsqu'ils ne sont plus dangereux pour eux-mêmes et autrui. Mais de plus en plus d'usagers souffrant d'un «trouble grave du comportement» sont envoyés dans ces ressources privées. Ces TGC, selon le jargon du milieu, ont un profil complexe : automutilation, violence, attaques, morsures, coups... ils expriment leur mal-être en faisant mal.

Même si l'équipe du CRDI offre des services professionnels dans certaines résidences privées accueillant une clientèle plus exigeante, il appert que ces milieux de vie ne sont pas adaptés à tous ceux qu'on y place.

Soulignons que Québec a décrété un moratoire à la suite de l'intervention de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, concède Laurie Comtois, l'attachée de presse déléguée aux Services sociaux. Depuis environ cinq ans, la Fédération sonne l'alarme, dénonce les dérives, sans grand écho. Le sous-ministre a finalement jugé nécessaire d'intervenir.

La Presse.ca 15 octobre 2013
Source:
www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201310/14/01-4699595-services-en-deficience-intellectuelle-quebec-frappee-de-plein-fouet.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4699592_article_POS1

Services en déficience intellectuelle: Québec frappée de plein fouet
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) À Québec seulement, au cours des dernières années, une vingtaine de résidences publiques accueillant la clientèle la plus exigeante du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) ont été fermées. Les pensionnaires ont été relogés dans des maisons privées. Plusieurs auraient toutefois dû rester dans le giron public.

Attablée au sous-sol du siège social du CRDI, au nord de la capitale, la directrice générale adjointe à la clientèle et à la performance, Marlène Chevanel, reconnaît au Soleil que des usagers des ressources privées «bénéficieraient» d'un milieu plus encadré. «On est conscient de ces difficultés et on y travaille.»

Un document interne du CRDI de Québec, dont nous avons reçu copie, l'atteste. Les services manquent pour les personnes vivant avec un trouble grave du comportement (TGC). «Le choix d'un milieu résidentiel [...] est régulièrement basé sur la disponibilité plutôt que sur les besoins de la personne», découvre-t-on. Près de la moitié de la clientèle des 20 résidences privées dites «spécialisées» de la région est ainsi composée de «TGC». Des cas lourds sont ainsi regroupés dans des lieux inappropriés, ce qui engendre des crises.

Déménagements rapides

En plus, pour libérer des places, on envoie «de façon précoce» des usagers vers ces maisons privées, mieux adaptées pour la clientèle plus autonome. «Les déménagements se font parfois très rapidement et peu de temps est accordé à la préparation et à l'accompagnement de l'usager en transition.»

Dans le rapport, on souligne à grands traits «l'alourdissement de la clientèle» dans les résidences privées sous contrat avec le réseau public, «ce qui oblige à remettre en question ce modèle pour certains usagers». Aménagement physique des lieux inadéquat et qualifications du personnel insuffisantes... le rapport présente une liste de tous les problèmes observés dans ces milieux de vie.

La sécurité des travailleurs serait d'ailleurs compromise, toujours selon le document obtenu, qui a été présenté à l'Agence de la santé de la Capitale-Nationale ainsi qu'au ministère de la Santé. Le taux de roulement des employés est donc très important, ce qui chamboule les plans de réadaptation; les usagers ne peuvent développer de liens de confiance avec les professionnels, élément essentiel à l'efficacité du traitement, lit-on. «Les intervenants d'expérience quittent les milieux.»

«Oui, on a des défis», commente Marlène Chevanel. «On est conscient que la complexité des situations est de plus en plus importante.» Elle rappelle que le dossier est «une priorité organisationnelle».

Sans pouvoir expliquer totalement le phénomène, Mme Chevanel soutient que les CRDI observent une recrudescence du nombre d'usagers présentant des troubles graves du comportement. «C'est provincial.»

Peut-être devra-t-on songer à rouvrir des résidences à assistance continue (RAC), les résidences publiques qui ont été fermées. Sur le territoire de la capitale, il en reste neuf depuis les fermetures d'une vingtaine d'entre elles.
******************
Des situations problématiques dénoncées dès 2010
Un groupe d'experts, qui avait été mis en place en 2010 par les ministères de la Santé et de la Sécurité publique, dénonçait déjà des situations problématiques dans certaines résidences privées financées par les Centres de réadaptation en déficience intellectuelle du Québec (CRDI). Dans leur rapport, on apprenait que l'accès aux services spécialisés est insuffisant pour la «clientèle» des centres de réadaptation.

Résultat, les policiers sont régulièrement appelés pour contenir des pensionnés : «Le ministère de la Sécurité publique mentionne [...] qu'on demande souvent aux corps de police de maîtriser des usagers ou encore de les transférer d'un établissement à un autre.» Les membres du comité avaient été réunis à la suite d'une intervention musclée survenue un an plus tôt à Québec; appelés dans une de ces maisons privées où sont logés les usagers du CRDI, les agents avaient utilisé une arme à impulsions électriques pour contrôler un homme présentant une déficience intellectuelle en proie à un épisode d'agressivité.

L'incident avait soulevé bien des inquiétudes. «Les membres du comité interministériel s'entendent pour dire que les corps de police devraient intervenir seulement en dernier recours. C'est une mesure d'exception qui ne devrait être utilisée que lorsque le réseau de la santé et des services sociaux a épuisé toutes ses ressources.»

 


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