::  L'inclusion imagée
::  L'historique
::  La mission
::  Le contenu
::  Un mot sur l'équipe
::  Pour diffuser dans l’Inclusif
::  Contribution volontaire
::  Contactez-nous
L’Inclusif est une infolettre ayant pour mission de rapporter l’actualité touchant à la participation sociale des personnes ayant des incapacités au Québec. Elle est publiée deux à trois fois par semaine.

Son contenu est constitué principalement d’articles et de nouvelles provenant des différents médias du Québec et du Canada, mais aussi d’ailleurs.

Recevoir l’Inclusif :

Se désabonner de l’Inclusif :

Rechercher par date :

:: Dernier numéro :: 2016
:: 2015 :: 2014
:: 2013 :: 2012
:: 2011 :: 2010
:: 2009 :: 2008
:: 2007 :: 2006
:: 2005 :: 2004
:: 2003
:: À voir, à faire
:: Documents de l'inclusif

Rechercher un lien :

:: Autres médias sur le handicap
:: Organismes publics
:: Habitudes de vie
:: Milieu associatif
:: Pages persos
 

 
Mardi 26 janvier 2016 Numéro 952
Aujourd'hui en veille
Proportion record de EHDAA dans les classes ordinaires
Le RAPLIQ revendique la mise en accessibilité d'une église du quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal
un homme ayant des incapacités privé de service à domicile, sa nouvelle conjointe considérée comme sa proche aidante
Une femme ayant des incapacités estime que les critères du transport adapté des Laurentides pour les motifs de déplacements sont discriminatoires
Les candidats démocrates et républicains talonnés sur l'enjeu du handicap au New Hampshire et en Iowa (Art. anglais)
Tenue de la 16e édition du Tournoi invitation goalball de Montréal (TIGM)


Proportion record de EHDAA dans les classes ordinaires
»» retour en haut

Paru le lundi 25 janvier 2016 sur Journal de Montréal.com

Source :
www.journaldemontreal.com/2016/01/25/les-profs-ont-la-vie-difficile

Record du nombre d’élèves en difficulté dans les classes régulières

Daphnée Dion-Viens

La proportion d’élèves en difficulté intégrés dans les classes régulières n’a jamais été aussi élevée dans les écoles du Québec, a appris Le Journal. En classe, enseigner devient «un cauchemar au quotidien» pour certains profs.

Selon des données provenant du ministère de l’Éducation, 61 % de ces élèves étaient en classe régulière en 2003-2004, plutôt que dans une classe spéciale, alors que dix ans plus tard, ce chiffre grimpe à 69 %.

L’augmentation est particulièrement marquée au secondaire, où la proportion d’élèves intégrés est passée de 42 % à 57 % en dix ans. Mais il reste que c’est au primaire où ils sont le plus présents en classe régulière.

La diminution graduelle des classes spéciales a commencé au Québec en 1999, avec l’adoption d’une politique de l’adaptation scolaire qui prône l’intégration des élèves handicapés ou en difficulté dans les classes ordinaires, pour une école plus inclusive.

Au fil des ans, les syndicats d’enseignants ont toutefois dénoncé à maintes reprises le manque de services pour ces élèves, ce qui a mené à de «l’intégration sauvage» au détriment des enfants intégrés et des autres élèves de la classe, affirment-ils.
«Cauchemar quotidien»

Quinze ans plus tard, rien n’est réglé. «C’est un cauchemar au quotidien», affirme Chantal Arsenault, qui enseigne au primaire depuis 28 ans. «Il y a une pression incroyable sur le dos des enseignants qui doivent trouver des formules magiques afin que tous réussissent sans ressources, avec une aide minimale ou inexistante» affirme celle qui a récemment écrit au premier ministre Philippe Couillard, pour dénoncer la situation. Mais même en classe spéciale, des enseignants se sentent parfois tout aussi démunis.

Les autres élèves de la classe écopent, ajoute Mme Arsenault. «On ne les stimule pas assez. J’ai honte de dire qu’ils ne reçoivent pas tout le contenu qu’ils sont en droit de recevoir», lance-t-elle.

De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) réclame davantage de ressources et l’ouverture de nouvelles classes spécialisées. Récemment, les compressions ont plutôt poussé certaines commissions scolaires à en fermer.

La difficulté d’obtenir une place dans une classe spéciale a même poussé des parents d’un enfant autiste à poursuivre une commission scolaire de Québec, parce que leur fils n’a pas reçu les services appropriés, allèguent-ils. Une autre poursuite du même genre sera déposée sous peu par d’autres parents de Lévis.

«L’intégration est devenue un dogme, une politique mur-à-mur, affirme Christian Lajoie, l’avocat qui les représente. On gaspille ces enfants-là.»

La récente entente de principe conclue entre le gouvernement Couillard et la Fédération des syndicats de l'enseignement, en décembre, prévoit un ajout de 12 millions $ pour aider à l'intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières.

Proportion d’élèves en difficulté dans le réseau scolaire: 21 %

Proportion des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) qui fréquentent une classe régulière.
2003-2004 : 61,6 %
2004-2005 : 61,9 %
2005-2006 : 62,2 %
2006-2007 : 60,9 %
2007-2008 : 60,9 %
2008-2009 : 63,2 %
2009-2010 : 64,5 %
2010-2011 : 65,7 %
2011-2012 : 66,9 %
2012-2013 : 69,1 %

Source: ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (plus récentes données disponibles)
Hausse de l’intégration: bonne ou mauvaise nouvelle?

«Si cette augmentation avait été accompagnée d’une augmentation du taux de réussite, ç’aurait été une bonne nouvelle. Est-ce que ce sont vraiment les éducateurs qui se sont dit que le meilleur endroit pour le jeune est la classe régulière ou si les compressions budgétaires ont joué en cours de route?»
– Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire

«C’est une bonne nouvelle. On croit à une société plurielle où la diversité est une valeur. Le camarade de classe peut devenir le collègue de travail ou le patron des années plus tard.»
– François Bellerive, directeur de l’Association pour l’intégration sociale

«On n’est pas contre l’intégration, mais on a de plus en plus d’élèves en difficulté et il y a de plus en plus de coupes. Donc on se retrouve à donner de l’aide à des enfants qui en ont vraiment besoin, mais pour lesquels on n’a pas de services.»
– Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement

Élèves violents: deux cas troublants

Une «bombe à retardement» dans une classe régulière

Il y a quelques semaines, des policiers ont dû se rendre dans une école primaire pour maîtriser un enfant autiste de six ans en crise.
Alors que la directrice tentait de le maîtriser, l’élève lui a «fracassé la tête dans un casier», raconte l’enseignante Chantal Arsenault. Une autre employée qui a voulu intervenir s’est fait arracher des cheveux, «lui laissant une plaque grosse comme un 2 $ sur la tête». Une partie de l’étage de l’école a dû être évacuée jusqu’à ce que l’élève soit maîtrisé.

L’enfant a été suspendu pendant une semaine. Il est revenu à l’école quelques jours plus tard.
«Est-ce que la suspension est vraiment ce qui va l’aider? Il était en crise. Il est malade et a besoin d’aide professionnelle. Ne devrait-il pas être dans une classe pour autistes?» lance Mme Arsenault, qui qualifie cet enfant de «bombe à retardement».

Ce n’était pas la première visite des policiers pour cet enfant en crise.

L’enseignante ne jette pas la pierre au personnel de son école, qui fait tout son possible, encore moins à cet enfant, qui a besoin d’aide. L’intégration de ces élèves dans les classes ordinaires et le manque de ressources découlent d’une «décision politique et budgétaire», dit-elle.

Chez Autisme Québec, on rappelle que la formation des enseignants est primordiale. «On se met à la place des écoles, on sait que ce n’est pas toujours évident», ajoute sa directrice générale, Lili Plourde.

Trop souvent, un élève va être privé des services d’un technicien en éducation spécialisée si des progrès sont constatés, dit-elle: «Mais si cet enfant était en fauteuil roulant, on ne penserait pas à le lui enlever.»
Depuis quatre ans, le taux de prévalence de l’autisme a doublé, ajoute Mme Plourde.

Coups de poing et menaces de mort dans une classe spéciale

Coup de poing dans le ventre. Coup de crâne en plein visage. Mena¬ces de mort. Le passage de Stéphanie Kerouac comme enseignante dans une classe spécialisée n’a vraiment pas été de tout repos.

Devant elle, six à huit élèves autistes ou avec un trouble psychopathologique. La violence est fréquente. Un élève a déjà «pris en otage» la technicienne en éducation spécialisée qui l’accompagnait dans un local, en débranchant le téléphone et en se plantant devant la porte avec une paire de ciseaux et le téléphone en main pour qu’elle n’appelle pas à l’aide.

Après avoir reçu des menaces de mort, Stéphanie a terminé l’année avec un garde du corps qui s’est fait passer pour un stagiaire.
«Le jeune me disait qu’il allait me planter son crayon dans ma veine jugulaire et que j’allais mourir au bout de mon sang. Je ne comprenais pas pourquoi nous n’avions pas plus d’aide. Une technicienne en éducation spécialisée et un prof pour tout ce beau monde, ça ne suffit pas», lance Stéphanie.

Un autre élève avait l’habitude de se «désorganiser», comme on dit dans le jargon scolaire. Il tentait de se faire vomir en classe, criait qu’il voulait mourir, lançait des objets, se cognait la tête contre les murs... «L’enfer! raconte l’enseignante. Il faisait peur aux petits nouveaux qui, à leur tour, se désorganisaient. J’avais une classe pop-corn. J’ai fini par crasher.»

L’enseignante est présentement en congé de maladie. Elle raconte avoir été «sidérée et éberluée» de constater le manque de ressources pour ces enfants «meurtris de l’intérieur», même en classes spécialisées. «On n’est pas mieux équipé de l’autre côté», lance-t-elle.

«Les profs et les techniciens en éducation spécialisée sont peu ou mal formés», affirme celle qui a fait ses études pour enseigner au régulier, mais qui a travaillé pendant quatre ans comme enseignante en adaptation scolaire.

«L’enseignement, c’est un marathon. Dans une classe spéciale, c’est un Iron Man!»

L’intégration à géométrie variable

En hausse, le taux d’intégration varie toutefois beaucoup d’une commission scolaire à l’autre. Même si le taux d’intégration est plus élevé dans des écoles situées en régions éloignées, où les élèves sont peu nombreux, l’emplacement n’explique pas tout.

À la commission scolaire des Rives-du-Saguenay, par exemple, 57 % des élèves handicapés ou en difficulté sont dans des classes régulières, alors que cette proportion est de 84 % dans la commission scolaire voisine, celle du Lac-Saint-Jean.


»» retour à liste des articles
 
 
Conception site Web: www. graphigne.com tous droits réservés © 2017 l'inclusif